Les gestes mentaux décrits par une métaphore

A l’occasion d’une rencontre de suivi inter-écoles, un groupe d’enseignants a eu l’idée de faire un parallèle entre le geste de réflexion et la réalisation d’une recette de cuisine. Ils n’ont pas eu le temps d’aller au bout mais ils ont pris conscience de la force du recours à la métaphore pédagogique pour éclairer le sens d’un concept.

Dans les archives de la Feuille d’IF qu’on peut consulter sur le site d’IFBelgique, j’ai remis la main sur un article écrit par José Clément dans le numéro 5 de la revue (en 2002). L’auteur utilise la métaphore pour décrire les 5 gestes mentaux, ainsi que l’évocation, la mise en projet et le rôle de l’enseignant en classe. A lire dans le document ci-dessous.

Faire l’exercice de synthèse conceptuelle des niveaux 1 et 2

Dans le cadre du projet européen Conaisens, IF Belgique a réalisé une vidéo qui présente succinctement les 5 gestes mentaux ou actes de connaissance. C’est une ressource intéressante (qui est complémentaire de celle-ci) pour faire le point en fin de niveau 2: vous pouvez en effet la visionner avec le projet de vous en inspirer pour réaliser votre synthèse conceptuelle et vérifier où vous en êtes dans la compréhension et l’intégration de tous ces concepts. Cet exercice est un incontournable avant d’entamer la suite de la formation, à savoir le dialogue pédagogique de groupe.

Ci-dessous, une liste non exhaustive de ces concepts (cliquez dessus pour l’afficher en grand), et à vous de les mettre en forme, les articuler, structurer, expliciter, illustrer, etc.

concepts N2

 

Les formations sont terminées, les suivis sur le terrain se poursuivent

Les 3 niveaux de formations sont terminés pour les 7 groupes d’enseignants engagés cette année. Il reste une formation en cours, celle de l’approfondissement de la pratique du dialogue pédagogique (fin en avril).

Les suivis continuent, avec l’objectif d’accompagner et d’encourager les professeurs à transférer l’utilisation de la gestion mentale dans leurs classes.

Aperçu du programme:

  • 20 février: suivi inter-écoles pour les 55 enseignants du niveau 1
  • 13 mars: suivi inter-écoles pour les 37 enseignants du niveau 2
  • 20 mars: suivi inter-écoles pour les 17 enseignants du niveau 3

Par ailleurs, les classes ouvertes commencent à se préparer: d’ici le congé de carnaval, 7 professeurs auront eu l’occasion de se mettre en projet et de planifier le moment où leur pratique sera observée dans une classe de leur choix.

Et pour les participants au niveau 2, s’ouvre la possibilité d’un suivi “à la carte”:

  • soit une rencontre en individuel ou en petit groupe pour réfléchir ensemble à un outil imaginé par le (ou les) enseignant(s) demandeur(s);
  • soit une observation bienveillante en classe de la façon d’utiliser la gestion mentale sur le terrain.

C’est un projet qui démontre que l’école bouge grâce à ses acteurs essentiels: les profs! Bravo à eux!

Des jeux d’écoute pour progresser dans la compréhension à l’audition

Une ressource très intéressante en ligne: il s’agit d’une série de jeux d’écoute à réaliser avec les élèves (Kim sonore – Pareil, pas pareil – Intrus – Polissons – Associations – Musiques mélangées), hébergés sur le site français “Ecoute!”.

Chaque jeu est accompagné d’une fiche pédagogique (encore en construction pour toutes celles que j’ai consultées).

Un exemple: les élèves doivent associer un tableau avec l’un des 3 extraits musicaux proposés, et puis trouver un mot qui caractérise à la fois l’extrait sonore et le tableau. Il s’agit d’un exercice qui va faire appel à l’attention (porte d’entrée des autres gestes), la réflexion au service de la compréhension (pour donner du sens au tableau, aux musiques et pour les comparer afin de les associer), l’imagination (pour trouver le mot qui caractérise les deux objets de perception). Il n’y a pas de bonne réponse, ce qui est recherché, c’est que l’élève soit capable de mettre des mots sur ce qu’il entend (description) et sur la manière dont il écoute (démarche); on peut prolonger l’échange en le questionnant sur comment tout ça est présent dans sa tête.

La page d’accueil présente ces jeux de la façon suivante:

Ces jeux permettent de travailler ces compétences :
- développer le lexique du sonore
- expérimenter la concentration
- développer la mémoire
- être capable d’attention
- augmenter la discrimination auditive
- aider à la structuration du temps
- favoriser les interactions entre élèves
- expliciter sa pensée et sa démarche

Une émission radio sur la gestion mentale (RCF)

Sur le blog de Guy Sonnois (Accompagner le travail des élèves avec Pégase), il y a un article récent dans lequel l’auteur nous invite à écouter une émission radio qui propose un “Grand angle” sur la gestion mentale. C’est RCF qui l’a réalisée et c’est vraiment intéressant, notamment quand Joëlle Murgia, la formatrice interviewée, évoque Antoine de La Garanderie ou quand des élèves et leur enseignante témoignent de ce que leur apporte la gestion mentale. Cela se passe dans le lycée professionnel Jacques Dolle, à Antibes, dans le sud de la France.

“Pour étayer cette idée, je mets en ligne aujourd’hui  (et avec la permission de la formatrice) une émission de RCF Côte d’Azur dans laquelle sont détaillées très précisément toutes les facettes d’une formation en Gestion Mentale donnée par Joëlle Murgia en 2017 dans un Lycée professionnel public de la région. Pour la commodité de l’écoute, j’ai découpé l’émission en plusieurs passages, selon les thèmes abordés et en excluant musiques et autres intermèdes. On peut les choisir en fonction de son intérêt premier, mais l’ensemble est à écouter car chaque morceau complète les précédents.” (Guy Sonnois, sur son blog, dans l’article 136 publié le 24 décembre 2018, “Tout savoir sur une formation en gestion mentale en Lycée)

Si cela vous tente d’en écouter quelques extraits, préférez plutôt l’accès via le blog de Guy Sonnois que via le site de RCF (il faut s’inscrire pour avoir accès gratuitement à l’émission et le service d’inscription n’est pas forcément disponible).

Un “sketchnote” avec des pistes pratiques pour la classe

Les rencontres de suivi suite aux deux premiers jours de formation de niveau 1 ont battu leur plein pendant le mois de novembre. L’occasion pour la cinquantaine d’enseignants concernés de partager les pratiques qu’ils ont développées dans leurs classes en s’appuyant sur la gestion mentale.

Ci-dessous, le “sketchnote” réalisé pour présenter de manière globale et synthétique ce qui a été échangé dans les différentes équipes de la vingtaine d’écoles concernées.

Pistes pratiques suivis N1 nov18 redimensionné

 

Nuage de mots pour qualifier le suivi sur le terrain

Si vous consultez ce blog depuis quelques temps, vous savez que ce qui fait l’originalité du projet “Gestion mentale” dans le grand Charleroi, ce sont les suivis post-formation des enseignants sur le terrain. Il s’agit de les accompagner dans le transfert de ce qu’ils apprennent en formation vers leurs classes et leurs élèves.

La métaphore est un bel outil pour récolter la manière dont les professeurs voient le suivi, encore inédit dans les formations continuées qui leur sont proposées chaque année. Voici donc ci-dessous un nuage de mots qui complètent la phrase: “Pour moi, ce suivi, c’est …”.

Cela va du classique “piqûre de rappel” au plus inattendu “jeu de scrabble” avec des mots qu’on articule les uns aux autres et qui complètent le plateau de façon progressive, en passant par le rafraîchissant “coktail” qui rassemble et pendant lequel on partage. A vous de découvrir la richesse des images données par les enseignants à l’occasion de leur tout premier suivi.

nuage mots métaphores suivi1 nov18

Le “sketchnote”, un outil de prise de notes visuelles

pensee_visuelle-b91e9Commençons par définir le “sketchnote”: c’est littéralement une “note réalisée à l’aide d’un dessin”, ou une “technique de facilitation graphique permettant la prise de note visuelle” qui se fait en utilisant des titres, des mots-clés, des phrases, des dessins, des symboles, des flèches, des contacteurs, etc. Cet outil est proche du Mindmap (ou schéma heuristique), avec plus de souplesse dans les principes de mise en page (par exemple, pas besoin de partir d’un point central).

En voici ci-contre un exemple réalisé par Magalie Le Gall (@magalielegall sur Twitter), facilitatrice graphique (son blog “365 jours en mind map” regorge d’exemples, il est à visiter!).

Vous en avez un autre exemple ici. Il s’agit alors de présenter l’information autrement qu’en format textuel et linéaire.

Il constitue une démarche intéressante pour s’exercer à la synthèse d’informations tout en mobilisant notre attention, en favorisant notre concentration, en sollicitant notre imagination créatrice et en activant notre compréhension. Il permet de (re)prendre du plaisir à la prise de notes et son côté synthétique et ludique peut aider, par exemple, à la mise en projet de mémorisation de son contenu.

S’il est certain qu’il ne conviendra pas à tous, cela vaut la peine d’y sensibiliser chacun qui pourra ensuite décider, en connaissance de cause, de l’usage qu’il en fera ou pas dans ses apprentissages.

Sources utilisées pour rédiger et illustrer cet article:

“Qu’est-ce qu’un sketchnote?”, en ligne, sur Eduscol, et plus précisément le portail numérique du 1er degré

“Apprendre avec le sketchnoting – Comment ré-enchanter les manières d’apprendre grâce à la pensée visuelle?”, de Akoun A., Boukobza P., Pailleau I., Eyrolles, 2017.

Préparer une évaluation avec les élèves – intéressant à la veille des examens

Cet exemple, partagé par un professeur de mathématiques lors d’une rencontre de suivi, est extrait du recueil des pistes pratiques que vous avez reçu dernièrement (p. 28).

C’est bien dans l’idée que pour bien se préparer à un examen de synthèse (tout comme à une plus petite évaluation), l’élève doit se mettre en projet en donnant du sens à la matière, ce qu’il ne peut faire que mentalement. Il est donc question ici d’une pause évocative de rappel balisée qui débouche sur la construction d’une synthèse avec l’essentiel (que les élèves ont parfois du mal à identifier, même au troisième degré).

Comment cet enseignant a-t-il procédé?

Il a aidé ses élèves à se préparer à l’examen de math de décembre en construisant avec eux une synthèse du cours.

Il leur a demandé d’évoquer ce dont ils se souvenaient, c’était suivi d’une discussion. Il prenait ensuite des notes au tableau. Seulement ensuite, les élèves avaient le temps de recopier. Les perceptions étaient dissociées.

Il a également demandé aux élèves comment ils avaient procédé.

Pistes :

  • En fin de synthèse, faire une pause évocative guidée pour donner le temps aux élèves de vérifier ce qu’il leur reste en tête quand le classeur est fermé et le tableau effacé.
  • Proposer aux élèves, une fois à la maison, d’évoquer un maximum d’éléments de la synthèse SANS ouvrir leur cours.

Quand l’enseignant fait faire le rappel de début de cours par les élèves, il constate qu’ils vont dans les détails des exercices mais ne pointent pas l’essentiel.  Ça lui permet d’adapter la suite de son cours.

Certains élèves sont plus à l’aise avec les applications, c’est ça qui a du sens pour eux. Ça parait donc logique qu’ils aient retenu les exercices plutôt que la théorie. D’autres trouvent le sens dans les explications, le pourquoi, d’où ça vient, … Ceux-là vont donc retenir plus facilement la théorie.

Piste :

  • Pour construire le rappel avec les élèves, guider les évocations en posant des questions ciblées pour qu’ils parviennent à restituer des exercices ET la théorie qui va avec. Ça implique que plusieurs élèves participent.

La coopération en classe pour mieux apprendre

Quand nous demandons à nos élèves de découvrir quelque chose de nouveau, nous savons que leur compréhension va s’accrocher à du déjà là dans leur tête et notamment leurs représentations, parfois erronées. Un exemple? Si vous explorez le concept de mémorisation avec des apprenants, certains vous diront que pour retenir, ils faut lire plusieurs fois, d’autres, qu’il faut recopier plusieurs fois, … Comment faire évoluer ces représentations? Le travail coopératif est une piste: en effet, l’échange entre pairs sur une situation problème (“Mémoriser, c’est quoi? Comment faire?”) permettra la mise à l’épreuve de ce dont ils sont convaincus et peut déboucher sur un questionnement qui les met en disposition mentale active pour la suite du cours.

Ce type de dispositif d’apprentissage permet la transmission de valeurs importantes en gestion mentale:

  • l’éducabilité puisque chaque élève s’y exprime et est considéré comme capable de réussir,
  • l’entraide car il est bien question ici d’une réussite collective, basée sur les progrès de chacun,
  • la reconnaissance que l’hétérogénéité est une force, bénéfique pour les élèves plus faibles: “Les pédagogies coopératives portent en elles l’idée que la diversité des profils permet d’enrichir le groupe, d’apprendre et de progresser ensemble.” (“Osez les pédagogies coopératives au collège et au lycée”, Caron G., Fillion L., Scy C., Vasseur Y., Cahiers pédagogiques, 2018, p.39)

Il existe beaucoup de ressources pertinentes pour mettre en place la coopération en classe. Je vous recommande le livre précité “Osez les pédagogies coopératives au collège et au lycée”, il fait notamment le point sur les enjeux de ce type de pédagogie (résumé à lire en quatrième de couverture):

“Mobiliser les élèves sur les savoirs, leur permettre de se constituer en véritable “collectif apprenant”, accompagner chacun d’eux de manière personnalisée tout en multipliant les interactions, découvrir que l’on apprend mieux avec les autres et que c’est seulement grâce à eux que l’on peut se dépasser soi-même, faire ainsi l’expérience, au quotidien, d’une solidarité exigeante et féconde…”

Les auteurs, tous enseignants chevronnés ayant pratiqué les pédagogies coopératives dans leurs classes, proposent des outils concrets donc certains sont téléchargeables ici.

Ci-dessous, deux exemples d’outils:

  1. une fiche sur le travail de groupe partagée par Sylvain Connac (@ConnacSylvain sur Twitter), pédagogue, chercheur et enseignant français qui a également réalisé des ressources et outils pour la pédagogie coopérative en classe (il a inséré une bibliographie en page 2 du document).
  2. une fiche qui présente les droits et devoirs des élèves tuteurs (qui proposent leur aide) et des élèves tutorés (qui sont aidés) (provient de la boîte à outils liée à l’ouvrage “Osez les pédagogies coopératives”).

A la veille de l’entrée en vigueur des comités de pilotage, voilà une piste intéressante à explorer.

 

 

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