Préparer une évaluation avec les élèves – intéressant à la veille des examens

Cet exemple, partagé par un professeur de mathématiques lors d’une rencontre de suivi, est extrait du recueil des pistes pratiques que vous avez reçu dernièrement (p. 28).

C’est bien dans l’idée que pour bien se préparer à un examen de synthèse (tout comme à une plus petite évaluation), l’élève doit se mettre en projet en donnant du sens à la matière, ce qu’il ne peut faire que mentalement. Il est donc question ici d’une pause évocative de rappel balisée qui débouche sur la construction d’une synthèse avec l’essentiel (que les élèves ont parfois du mal à identifier, même au troisième degré).

Comment cet enseignant a-t-il procédé?

Il a aidé ses élèves à se préparer à l’examen de math de décembre en construisant avec eux une synthèse du cours.

Il leur a demandé d’évoquer ce dont ils se souvenaient, c’était suivi d’une discussion. Il prenait ensuite des notes au tableau. Seulement ensuite, les élèves avaient le temps de recopier. Les perceptions étaient dissociées.

Il a également demandé aux élèves comment ils avaient procédé.

Pistes :

  • En fin de synthèse, faire une pause évocative guidée pour donner le temps aux élèves de vérifier ce qu’il leur reste en tête quand le classeur est fermé et le tableau effacé.
  • Proposer aux élèves, une fois à la maison, d’évoquer un maximum d’éléments de la synthèse SANS ouvrir leur cours.

Quand l’enseignant fait faire le rappel de début de cours par les élèves, il constate qu’ils vont dans les détails des exercices mais ne pointent pas l’essentiel.  Ça lui permet d’adapter la suite de son cours.

Certains élèves sont plus à l’aise avec les applications, c’est ça qui a du sens pour eux. Ça parait donc logique qu’ils aient retenu les exercices plutôt que la théorie. D’autres trouvent le sens dans les explications, le pourquoi, d’où ça vient, … Ceux-là vont donc retenir plus facilement la théorie.

Piste :

  • Pour construire le rappel avec les élèves, guider les évocations en posant des questions ciblées pour qu’ils parviennent à restituer des exercices ET la théorie qui va avec. Ça implique que plusieurs élèves participent.

Un schéma intéressant sur le sens des études et de la vie

Hélène Weber est l’auteure du blog “Donner du sens à vos études” et y partage beaucoup d’idées et de ressources en lien avec l’apprentissage. Elle a récemment imaginé le schéma ci-dessous (téléchargeable en ligne ici) qui fait le tour des “compétences transversales qui permettent de se projeter dans des apprentissages et une vie qui ont du sens.”

Cette thématique de mise en projet et de projets de sens est au cœur de la gestion mentale et bien sûr, au cœur des préoccupations des enseignants qui se questionnent sur les mécanismes de motivation chez leurs apprenants.

Ce schéma montre la complexité et la variété des compétences à atteindre pour “donner du sens” et attire notre attention sur l’enjeu de l’interdisciplinarité. En effet, nous pouvons nous concerter pour réfléchir ensemble à la manière de faire vivre ce sens à nos élèves au travers de l’ensemble de leurs cours. Et la gestion mentale est certainement une approche pédagogique et philosophique tout à fait pertinente pour guider une partie de cette réflexion commune.

Corriger un travail en vidéo

Qui d’entre nous n’a jamais passé de longues (très longues) minutes à annoter un travail d’élève pour lui donner de quoi comprendre ce qu’il a bien fait et ce qui ne correspond pas (en tout ou en partie) à ce qui était demandé? Et qui parmi nous a déjà constaté que ce temps passé était chaque fois productif, c’est-à-dire aidait réellement l’apprenant à progresser?

Corriger en vidéo, qu’est-ce que c’est?

Vous pouvez aller lire la présentation en mots et en (tutoriel) vidéo de ce dont il est question sur le site de l’académie de Caen. Certains professeurs ont commencé à procéder de cette façon et l’un d’entre eux (Hervé Belloc, sous le pseudo Alain Malin) nous l’explique avec deux perceptions.

Ci-dessous, quelques extraits qui vous donneront peut-être envie d’en savoir plus:

“C’est une méthode qui consiste à remplacer – ou compléter – les annotations et appréciations écrites sur les copies par un commentaire filmé de la copie de l’élève (son + image). La vidéo est alors mise à disposition individuellement pour chaque élève sur l’ENT.”

Avantages pointés:

– exhaustivité du commentaire possible (durée de l’enregistrement à l’appréciation du professeur)

 

– confidentialité et individualisation poussée

 

– l’élève qui consulte sa correction vidéo est impliqué et « captif » ; il est contraint de suivre le propos du correcteur

– l’élève en difficulté peut faire des pauses dans la vidéo (s’il a besoin de temps pour se concentrer) ou regarder plusieurs fois certains passages, voire la correction entière dans le cas d’une révision

– le professeur, pendant le visionnage, peut être disponible pour aider ceux qui ont besoin d’éclaircissements, sans que les autres soient inoccupés.

Plickers, une application intéressante à utiliser en classe

Plickers est une application gratuite qui vous permet de proposer à vos élèves des quiz auxquels ils répondent individuellement et pour lesquels ils reçoivent un feedback immédiat sur leur maîtrise ou non du sujet questionné. En effet, les réponses sont traitées en direct car l’enseignant scanne avec son smartphone les étiquettes brandies par les élèves avec leur choix de réponse. Les résultats peuvent s’afficher ensuite via un projecteur relié au PC du prof ou via un TBI, de façon anonyme ou pas. Vous aurez compris que le Wifi est indispensable pour l’utiliser. Les élèves savent donc tout de suite si leur réponse est correcte ou pas, l’enseignant a une vue globale et détaillée de qui a répondu quoi, ce qui rend possible la remédiation immédiate.

Exemple d’étiquette:

ba794b01.standardsetsheet

 

 

Seul l’élève sait ce qu’il répond car la lettre qu’il choisit de mettre en évidence est imprimée en tout petit sous le QR code. Cela permet d’éviter le biais d’influence de la réponse du copain si on ne sait pas.

Ces étiquettes sont disponibles en plusieurs formats sur le site d’accueil de l’application.

 

 

Ci-dessous, un exemple en vidéo d’un enseignant français en histoire-géo, Olivier Quinet (actif sur Twitter et blogueur). Il propose un quiz en début de cours pour interroger les élèves sur une capsule vidéo qu’ils ont du regarder à la maison (principe de la classe inversée).

Disponible sur Android ou Apple.

Tutoriel vidéo pour utiliser l’application ici.

 

 

 

Le numérique pour entraîner l’imagination (français): témoignage d’une enseignante

Il s’agit de Marie Soulié, professeur de Lettres (en France), qui témoigne sur son blog d’usages pédagogiques du numérique pour entraîner des compétences chez ses élèves.

Ici, le témoignage concerne une classe de 4ème (équivalent d’une 2ème secondaire en Belgique) qui utilise une tablette pour créer une bande-annonce de lecture d’une nouvelle fantastique.

Voici ce que Marie Soulié en dit:

J’ai testé aujourd’hui une nouvelle façon de réaliser des bandes-annonces de lecture. J’ai utilisé la géniale application Show me qui permet d’enregistrer sa voix tout en dessinant ou en écrivant. J’ai donc demandé à mes 4º de me raconter en 1 heure leur histoire sans plus de précision. Ils ont très vite pris en main application et j’ai pu noter quelques points que je tenais à partager avec vous :

 

  • Dessiner, annoter permet à l’élève de poser sa voix , ralentir son débit et donc de se laisser du temps pour chercher ses mots.
  • Le dessin illustre l’histoire mais pas seulement il permet à l’élève d’aller à l’essentiel.
  • Certains préfèrent au dessin des mots clés.
  • Tous ont le soucis d’une chronologie.
  • À noter également que certains sont passés par un écrit, d’autres se sont lancés directement.

Bref un champ à explorer me semble-t-il…..je vous laisse juger les productions, j’ai déposé sur ce mur un échantillon assez représentatif de la classe.

 

En termes de gestion mentale, cet exercice permet aux élèves de déployer leur geste d’imagination créatrice et d’utiliser la tablette pour dynamiser leur mise en projet.

M@ths en-vie: projet interdisciplinaire (math et français) développé par des enseignants

Sur le site de M@ths en-vie, vous allez peut-être trouver des idées à mettre en oeuvre avec vos élèves, en interdisciplinarité, qui les aideront à donner du sens à vos matières, ce qui est loin d’être évident en math, j’imagine que les enseignants de cette discipline ne me contrediront pas…

A exploiter pour entraîner les gestes mentaux d’attention, de compréhension, de réflexion, d’imagination avec des photos du quotidien (sous licence ) qui mettent les maths en perspective!

Voici l’introduction, la suite à découvrir directement sur le site:

M@ths en-vie est un projet interdisciplinaire en français et mathématiques avec utilisation d’outils et ressources numériques (ordinateur, tablette, appareil photo numérique, blog ou site d’école, logiciels photo, internet…).

(…)

Les objectifs de ce projet sont les suivants:

 

  • ancrer les mathématiques au réel afin d’améliorer la compréhension en résolution de problèmes;
  • développer la perception des élèves sur les objets mathématiques qui nous entourent.

    Photo issue de la page d’accueil du site 

Le projet tourne autour des activités suivantes :
- Résolution de problème
- Constructions d’énoncés mathématiques
- Construction d’énoncés de problèmes
- Recherche d’informations
- Travail sur les ordres de grandeur
- Catégorisation…

 

Un article intéressant et documenté sur l’erreur dans l’apprentissage

Manon BRIÈRE est détentrice d’une maitrise en enseignement au collégial (MEC) de l’Université de Sherbrooke. Pendant ses études, elle s’est penchée sur le volet didactique du rôle de l’erreur dans le cadre de l’enseignement collégial. Professeure au programme d’Archives médicales du Collège Ahuntsic depuis 2002, elle offre des ateliers d’étude de l’erreur depuis 2015.

Elle a publié cet article dans la revue “Pédagogie collégiale”, Hiver 2018, n°31, vol.2 de l’AQPC (Association Québécoise de Pédagogie Collégiale).

En voici un extrait intéressant qui met l’accent sur notre posture de praticien réflexif, nous basant sur les erreurs des élèves pour réfléchir à comment les accompagner pour qu’ils s’en servent comme des leviers:

Dans l’optique où il considère important de s’attarder aux erreurs et de cibler les réelles causes, le professeur, comme praticien réflexif, peut procéder à une analyse de 2e niveau à l’aide d’un questionnement didactique, ce qui lui permettra de mettre en œuvre différentes actions réfléchies et adaptées à la situation. S’offrent à lui des exemples d’actions possibles en vue d’ajuster ses pratiques didactiques et pédagogiques, comme:

 

– déterminer les contenus essentiels à l’atteinte de la ou des compétences;
– élaguer du contenu et prévoir plus de temps pour enseigner les notions complexes;
– réduire drastiquement le temps consacré à la théorie pour que les étudiants aient davantage d’opportunités de travailler sur les contenus; 

 

(…)

 

– clarifier des consignes des activités ou des évaluations;
– préciser les attentes concernant le cours ou la tâche ;
– repérer les préconceptions ou les fausses conceptions qui freinent l’apprentissage de nouvelles notions;
(…)
– faire produire par les étudiants un schéma de concepts pour leur permettre de revoir les notions et d’échanger leurs points de vue sur un contenu complexe;

(…)

A la 5ème page du document, l’auteure propose un tableau avec une typologie des erreurs et des questions à se poser face à elles afin de réorienter nos pratiques pédagogiques.

Ferez-vous des liens spontanés avec les concepts de gestion mentale? Il y en a à foison!

Un document très intéressant sur la rétroaction à donner aux élèves

Un des postulats de base de la gestion mentale est que tout apprenant est éducable, peut progresser grâce notamment à une meilleure connaissance de ses stratégies d’apprentissage ainsi qu’à l’accompagnement de l’adulte qui lui renvoie des messages positifs, constructifs, pertinents, de façon à l’aider dans sa mise en projet d’apprendre.

Le document que vous pouvez découvrir ci-dessous est très instructif sur la manière de donner de la rétroaction (du feedback) à un apprenant: comment peut-il s’appuyer sur les erreurs ou les manquements pour aller plus loin? Cela nous donne des pistes pour affiner notre manière de commenter les copies des élèves mais également notre façon d’évaluer, et donc en amont, celle de concevoir nos évaluations.

Je l’ai trouvé via Twitter et le compte @recitqc (Réseau pour le développement des compétences des élèves par l’intégration des TIC au Québec).

Une infographie intéressante : ” Ce que je peux faire pour apprendre mieux”

schéma mémorisation et neurosciences

Cette belle infographie met en évidence ce que l’apprenant peut faire avant, pendant et après une séquence d’apprentissage pour mieux apprendre.

Elle a été réalisée par Pascal Bellanca-Penel (@pBellancaPenel), enseignant (français) du secondaire en physique-chimie. Je l’ai trouvée sur le réseau social Twitter (via @LaeticiaFerrari), mine d’or pour trouver des ressources pédagogiques.

Dans ce schéma, il est question de motivation et d’engagement, d’attention, de réactivations pour consolider, d’appui sur les erreurs. Des notions présentes dans la gestion mentale, ici associées aux neurosciences.

Pourriez-vous imaginer comment traduire en termes de gestion mentale les différents éléments de ce “parcours” pour mieux apprendre?

 

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