Nuage de mots pour qualifier le suivi sur le terrain

Si vous consultez ce blog depuis quelques temps, vous savez que ce qui fait l’originalité du projet “Gestion mentale” dans le grand Charleroi, ce sont les suivis post-formation des enseignants sur le terrain. Il s’agit de les accompagner dans le transfert de ce qu’ils apprennent en formation vers leurs classes et leurs élèves.

La métaphore est un bel outil pour récolter la manière dont les professeurs voient le suivi, encore inédit dans les formations continuées qui leur sont proposées chaque année. Voici donc ci-dessous un nuage de mots qui complètent la phrase: “Pour moi, ce suivi, c’est …”.

Cela va du classique “piqûre de rappel” au plus inattendu “jeu de scrabble” avec des mots qu’on articule les uns aux autres et qui complètent le plateau de façon progressive, en passant par le rafraîchissant “coktail” qui rassemble et pendant lequel on partage. A vous de découvrir la richesse des images données par les enseignants à l’occasion de leur tout premier suivi.

nuage mots métaphores suivi1 nov18

Le “sketchnote”, un outil de prise de notes visuelles

pensee_visuelle-b91e9Commençons par définir le “sketchnote”: c’est littéralement une “note réalisée à l’aide d’un dessin”, ou une “technique de facilitation graphique permettant la prise de note visuelle” qui se fait en utilisant des titres, des mots-clés, des phrases, des dessins, des symboles, des flèches, des contacteurs, etc. Cet outil est proche du Mindmap (ou schéma heuristique), avec plus de souplesse dans les principes de mise en page (par exemple, pas besoin de partir d’un point central).

En voici ci-contre un exemple réalisé par Magalie Le Gall (@magalielegall sur Twitter), facilitatrice graphique (son blog “365 jours en mind map” regorge d’exemples, il est à visiter!).

Vous en avez un autre exemple ici. Il s’agit alors de présenter l’information autrement qu’en format textuel et linéaire.

Il constitue une démarche intéressante pour s’exercer à la synthèse d’informations tout en mobilisant notre attention, en favorisant notre concentration, en sollicitant notre imagination créatrice et en activant notre compréhension. Il permet de (re)prendre du plaisir à la prise de notes et son côté synthétique et ludique peut aider, par exemple, à la mise en projet de mémorisation de son contenu.

S’il est certain qu’il ne conviendra pas à tous, cela vaut la peine d’y sensibiliser chacun qui pourra ensuite décider, en connaissance de cause, de l’usage qu’il en fera ou pas dans ses apprentissages.

Sources utilisées pour rédiger et illustrer cet article:

“Qu’est-ce qu’un sketchnote?”, en ligne, sur Eduscol, et plus précisément le portail numérique du 1er degré

“Apprendre avec le sketchnoting – Comment ré-enchanter les manières d’apprendre grâce à la pensée visuelle?”, de Akoun A., Boukobza P., Pailleau I., Eyrolles, 2017.

Effets sonores: BBC et sonothèque

La BBC a mis en ligne 16000 effets sonores téléchargeables gratuitement à des fins personnelles, pédagogiques ou pour de la recherche.

A découvrir ici.

Quelques exemples de ce que vous pourrez y entendre: des pas dans des escaliers, des tirs d’armes à feu, une poupée qui dit “mama”, des bruits d’animaux, de vagues, des chants d’oiseaux, et bien d’autres encore.

A nouveau, dans notre mission pédagogique de varier les perception, cette banque de sons peut être utilisée, par exemple, pour illustrer une animation qu’on réalise pour nos élèves ou pour nourrir l’imagination de ces derniers s’ils sont mis au défi de créer un support audio-visuel dans un contexte particulier.

Une autre ressource, en français: la Sonothèque avec des sons gratuits et libres de droits, téléchargeables gratuitement. Exemples:battements de cœur, grenouilles, campagne le matin, sonnette de vélo, …

Bon amusement!

Variété des perceptions: cours d’histoire ou de langues anciennes

Manon Bril est doctorante en histoire et elle a sa chaîne Youtube (“C’est une autre histoire”) sur laquelle elle diffuse, entre autres, des capsules vidéo qui présentent un contenu lié à l’histoire de façon vulgarisée.

Ce qui l’a lancée ou inspirée, d’après La Libre (lire l’article ici), c’est “Ma thèse en 180 secondes” (un autre exemple dans un article précédent), une l’épreuve de vulgarisation intellectuelle: en effet, les participants ont trois minutes pour présenter leur thèse de manière claire et concise. C’était en 2015 et Manon Bril a décroché le prix du public pour sa performance. Voici cette présentation.

Et pour vous donner une idée de ses productions, vous pouvez visionner ci-dessous “Il y avait quoi il a 100 000 ans?”.

C’est un exemple intéressant à deux titres:

  • d’abord, cela permet à l’enseignant de varier les perceptions qu’il propose aux élèves sur un thème historique (mythologie grecque – différence entre préhistoire ou histoire – égyptologie – etc.)
  • ensuite, si l’enseignant ne trouve pas son bonheur dans les vidéos proposées, cela peut lui donner des idées: soit réaliser lui-même une capsule, soit en faire réaliser une par les élèves, en solo,en groupe, afin de montrer sa compréhension d’un sujet, ou de donner envie à d’autres de le découvrir, etc.

Qu’en pensez-vous?

 

 

Le numérique pour entraîner l’imagination (français): témoignage d’une enseignante

Il s’agit de Marie Soulié, professeur de Lettres (en France), qui témoigne sur son blog d’usages pédagogiques du numérique pour entraîner des compétences chez ses élèves.

Ici, le témoignage concerne une classe de 4ème (équivalent d’une 2ème secondaire en Belgique) qui utilise une tablette pour créer une bande-annonce de lecture d’une nouvelle fantastique.

Voici ce que Marie Soulié en dit:

J’ai testé aujourd’hui une nouvelle façon de réaliser des bandes-annonces de lecture. J’ai utilisé la géniale application Show me qui permet d’enregistrer sa voix tout en dessinant ou en écrivant. J’ai donc demandé à mes 4º de me raconter en 1 heure leur histoire sans plus de précision. Ils ont très vite pris en main application et j’ai pu noter quelques points que je tenais à partager avec vous :

 

  • Dessiner, annoter permet à l’élève de poser sa voix , ralentir son débit et donc de se laisser du temps pour chercher ses mots.
  • Le dessin illustre l’histoire mais pas seulement il permet à l’élève d’aller à l’essentiel.
  • Certains préfèrent au dessin des mots clés.
  • Tous ont le soucis d’une chronologie.
  • À noter également que certains sont passés par un écrit, d’autres se sont lancés directement.

Bref un champ à explorer me semble-t-il…..je vous laisse juger les productions, j’ai déposé sur ce mur un échantillon assez représentatif de la classe.

 

En termes de gestion mentale, cet exercice permet aux élèves de déployer leur geste d’imagination créatrice et d’utiliser la tablette pour dynamiser leur mise en projet.

M@ths en-vie: projet interdisciplinaire (math et français) développé par des enseignants

Sur le site de M@ths en-vie, vous allez peut-être trouver des idées à mettre en oeuvre avec vos élèves, en interdisciplinarité, qui les aideront à donner du sens à vos matières, ce qui est loin d’être évident en math, j’imagine que les enseignants de cette discipline ne me contrediront pas…

A exploiter pour entraîner les gestes mentaux d’attention, de compréhension, de réflexion, d’imagination avec des photos du quotidien (sous licence ) qui mettent les maths en perspective!

Voici l’introduction, la suite à découvrir directement sur le site:

M@ths en-vie est un projet interdisciplinaire en français et mathématiques avec utilisation d’outils et ressources numériques (ordinateur, tablette, appareil photo numérique, blog ou site d’école, logiciels photo, internet…).

(…)

Les objectifs de ce projet sont les suivants:

 

  • ancrer les mathématiques au réel afin d’améliorer la compréhension en résolution de problèmes;
  • développer la perception des élèves sur les objets mathématiques qui nous entourent.

    Photo issue de la page d’accueil du site 

Le projet tourne autour des activités suivantes :
- Résolution de problème
- Constructions d’énoncés mathématiques
- Construction d’énoncés de problèmes
- Recherche d’informations
- Travail sur les ordres de grandeur
- Catégorisation…

 

Imagination créatrice en français: un bel exemple de séquence

A nouveau, voici une très belle ressource trouvée via le réseau social Twitter puisqu’une enseignante en français y a partagé le lien vers une activité qu’elle a créée pour “Dire l’amour”. Il s’agit de Madame Motycka (à suivre ici sur Twitter), et la classe concernée est une 4ème (équivalent d’une 2ème chez nous).

Les productions des élèves sont magnifiques et résultent d’un geste d’imagination créatrice encadré par toute une série d’étapes préparatoires et de consignes précises que vous pourrez découvrir en faisant défiler les dias très esthétiques de la séquence sur le site Genial-Ly.

Un bel exemple pour ce geste mental souvent parent pauvre de notre enseignement.

En lien avec le geste d’imagination créatrice

Sir Ken Robinson (auteur, orateur et expert en éducation internationalement reconnu pour ses interventions en faveur du développement de la créativité et de l’innovation) explique dans cette conférence TED la pensée divergente ou comment l’éducation traditionnelle éteint la créativité… J’y fais déjà référence dans cet article.

Il s’agit d’une vidéo qui est en ligne depuis 11 ans et qui a été vue plus de 46 millions de fois!!! Autant dire que le sujet passionne et en même temps, qu’il est toujours d’actualité.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire ici l’interview de Sir Robinson (LeMonde.fr, écrit par Emmanuel Davidenkoff , mis en ligne le 4 septembre 2017).

Même si l’approche de la gestion mentale nous permet de relativiser le discours plutôt sévère à l’encontre de l’école contenu dans cette vidéo, cela nous invite à réfléchir: comment pouvons-nous, dans le cadre scolaire, dans nos cours, susciter chez nos élèves l’entraînement et le déploiement de leur imagination créatrice?

Le jeu de rôle: une façon de faire vivre la matière aux élèves

Vidéo BY CANOPé, réalisée par Christian Richard, Corine Gireau et Carole Urban

Dans le cadre d’un MOOC (Massive Open On Line Course) sur “La classe inversée à l’ère du numérique” (accessible sur la plateforme “FUN MOOC” CANOPé), j’ai eu l’occasion de visionner cette vidéo (“La modélisation en pédagogie“) qui présente notamment le témoignage d’une enseignante de SVT (sciences et vie de la terre), Catherine Hupin (voir son blog ici). Elle a proposé à ses élèves de jouer la circulation sanguine. Elèves qui ont donc du réfléchir à la façon de modéliser cela de façon à pouvoir le représenter dans un jeu de rôle. Cela a été filmé par l’enseignante, une manière de motiver les apprenants puisqu’il faut que le message passe clairement en images!

Il s’agit d’une piste pour aider nos élèves à comprendre, “prendre pour eux, en eux”, ces concepts parfois difficiles d’accès dans leurs présentations classiques.

Pourriez-vous identifier, dans vos cours, une séquence à “jouer” par vos élèves?

Un verrou au geste de l’imagination: LA bonne réponse

Quand nous abordons en formation la découverte du geste d’imagination, fondamental dans tous nos apprentissages, nous constatons que de nombreux verrous sont à l’oeuvre pour entraver son déploiement.

Dans cet article de Marco Bertolini qu’il a publié sur son blog, l’auteur évoque un verrou, celui de la recherche de LA bonne réponse, en se basant sur plusieurs références intéressantes, dont:

  • sa propre expérience de formateur et d’enseignant;
  • une conférence TED de Sir Ken Robinson, très sévère vis-à-vis de l’école qui selon lui tue la créativité et qui explique les mécanismes de pensées divergente et convergente, menant à la meilleure réponse et pas à l’unique réponse;
  • le livre de Gerald Bronner, “La démocratie des crédules”:

il y écrit cette satisfaction d’avoir trouvé une « bonne réponse  » qui nous dispense d’aller plus loin.  Dès que nous avons trouvé ce que nous considérons comme une « bonne réponse », notre curiosité est satisfaite.  Nous ne ressentons plus le besoin d’investir davantage de temps et d’énergie à une réponse peut-être plus complexe mais plus innovante et plus enrichissante.

Je vous propose d’aller lire cet article et de vous positionner vis-à-vis de ce verrou: en tant qu’enseignant, quelle place accordez-vous aux autres réponses que celle que vous attendiez? Comment pourriez-vous, dans le cadre de votre cours, laisser se déployer une pensée divergente dans un premier temps, convergente dans un deuxième?

 

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