Des profs canadiens se filment pour progresser

C’est à Laval (Québec) que cela se passe: des enseignants participent une fois par mois à des “cercles pédagogiques” pendant lesquels ils visionnent des extraits de capsules vidéo filmées en classe afin de discuter entre eux et d’échanger des rétroactions (feedback) efficaces et positives. Ça permet à ces enseignants de développer une autorégulation de leur posture professionnelle puisque cet exercice de prise de recul et de partage d’idées de pistes pratiques s’inscrit dans la durée.

Dans le projet de formation en gestion mentale et de suivi sur le terrain, nous sommes convaincus de la force de cette démarche que nous avons appelée “vidéoformation”. Nous proposons aux professeurs de niveau 3 la possibilité d’être filmés pendant leur classe ouverte et de débriefer ensuite en s’appuyant sur certaines séquences de la capsule. Ceux qui ont relevé le défi sont unanimes: cela permet de faire un bon qualitatif important dans leurs pratiques pédagogiques (ici éclairées par la pédagogie des gestes mentaux d’Antoine de La Garanderie).

Si vous voulez en savoir plus sur l’expérience des “cercles pédagogiques” de Laval, vous pouvez aller écouter l’émission de Radio Canada (Ici première, séquence 15-18, reportage de Dominic Brassard) du 8 janvier 2019 (durée: 7min). Avec toutes les couleurs de l’accent québécois!

Et ci-dessous, un extrait écrit qui présente l’idée (issu de la même page web que celle de l’émission):

On est seuls dans nos classes, souligne l’enseignante Mélissa Ouellet-Gendron. Généralement, une fois qu’on a fini nos stages, il n’y a personne pour nous dire : “Hey, tu sais quoi? Tu as fait ça, c’est bien, mais ce serait bien d’essayer autre chose.” 

 

C’est pourquoi elle a décidé de participer aux cercles pédagogiques organisés une fois par mois par les conseillers pédagogiques de la Commission scolaire de Laval. Cette initiative a été chaudement accueillie par plusieurs enseignants, assure-t-elle : Les cours se donnent les uns après les autres, donc on n’a pas le temps de se réajuster. Les habitudes s’installent très rapidement et si on n’a pas ce recul-là, on n’a pas le temps de voir ce qui accroche.

 

Les cercles pédagogiques sont également bénéfiques pour les élèves, dans le contexte actuel où un plus grand nombre d’entre eux ont des besoins spécifiques, note le professeur de psychopédagogie Robert David, qui supervise les discussions à la Commission scolaire de Laval. Ça permet aussi de développer des pratiques qui permettent à plus d’élèves d’apprendre, dit-il.

Merci à Florence Lebras (@flebras56) pour le partage de la ressource sur Twitter!

La rétroaction: un outil efficace pour favoriser la réussite des élèves

La rétroaction (ou “feedback”) a plusieurs facettes

Elle peut se faire de l’enseignant vers l’élève (commentaires sur une évaluation, par exemple), pendant la réalisation d’une tâche ou après. Elle permet alors de mettre en évidence les réussites de l’apprenant, de lui donner des pistes de leviers pour corriger ses erreurs, …

Elle peut également avoir lieu dans l’autre sens (de l’élève vers l’enseignant) quand ce dernier s’informe sur le degré de compréhension de sa classe en utilisant des outils divers et variés (ardoise individuelle, Quiz (Plickers, Kahoot,…), TBI, …).

L’évaluation entre pairs, l’autoévaluation, le portfolio sont autant d’autres options pour permettre à chacun de bénéficier d’un feedback sur le travail effectué.

Cette rétroaction doit être réfléchie pour qu’elle ait un impact réel sur les apprentissages des élèves

Il ne suffit en effet pas que les enseignants renvoient à leurs élèves des rétroactions de qualité, il faut ensuite que ces derniers s’en emparent et les utilisent.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire le dossier réalisé par Laurie Pageau ou celui publié par Lucie Barriault, disponibles tous les deux sur la plateforme RIRE (Réseau d’Information pour la Réussite Educative). Vous pouvez encore consulter l’infographie mise en ligne par Annie Côté.

 

Corriger un travail en vidéo

Qui d’entre nous n’a jamais passé de longues (très longues) minutes à annoter un travail d’élève pour lui donner de quoi comprendre ce qu’il a bien fait et ce qui ne correspond pas (en tout ou en partie) à ce qui était demandé? Et qui parmi nous a déjà constaté que ce temps passé était chaque fois productif, c’est-à-dire aidait réellement l’apprenant à progresser?

Corriger en vidéo, qu’est-ce que c’est?

Vous pouvez aller lire la présentation en mots et en (tutoriel) vidéo de ce dont il est question sur le site de l’académie de Caen. Certains professeurs ont commencé à procéder de cette façon et l’un d’entre eux (Hervé Belloc, sous le pseudo Alain Malin) nous l’explique avec deux perceptions.

Ci-dessous, quelques extraits qui vous donneront peut-être envie d’en savoir plus:

“C’est une méthode qui consiste à remplacer – ou compléter – les annotations et appréciations écrites sur les copies par un commentaire filmé de la copie de l’élève (son + image). La vidéo est alors mise à disposition individuellement pour chaque élève sur l’ENT.”

Avantages pointés:

– exhaustivité du commentaire possible (durée de l’enregistrement à l’appréciation du professeur)

 

– confidentialité et individualisation poussée

 

– l’élève qui consulte sa correction vidéo est impliqué et « captif » ; il est contraint de suivre le propos du correcteur

– l’élève en difficulté peut faire des pauses dans la vidéo (s’il a besoin de temps pour se concentrer) ou regarder plusieurs fois certains passages, voire la correction entière dans le cas d’une révision

– le professeur, pendant le visionnage, peut être disponible pour aider ceux qui ont besoin d’éclaircissements, sans que les autres soient inoccupés.