Les suivis sur le terrain commencent

Comme chaque année, les suivis sur le terrain commencent en ce mois de novembre. Ils se font en visioconférence étant donné le contexte. C’est moins convivial, mais les enseignants semblent y trouver leur compte malgré tout.

Ces suivis, en quoi consistent-il? Il y a déjà eu quelques articles sur ce blog qui les décrivent. Vous pouvez donc les relire (présentation générale du projet, quelques métaphores qui les qualifient, d’autres encore).

Voici une présentation qui explique la méthodologie des suivis, avec quelques extraits issus des évaluations par les enseignants de cet accompagnement sur le terrain, récoltés en fin d’année scolaire passée (19-20).

Les classes ouvertes se préparent!

Dia CO WP

Comme chaque année depuis 3 ans, les enseignants qui terminent leur cycle de 3 années de formation et de suivis en gestion mentale se préparent à ouvrir leur classe. La démarche n’est pas facile car ce n’est pas dans la culture scolaire de la FWB d’accueillir dans sa classe un pair ou un expert qui vient observer la posture de l’enseignant.e en exercice.

Heureusement, en 3 ans, une relation de confiance a le temps de se créer entre les professeurs et la formatrice qui assure les suivis, et cela aide à franchir l’étape ultime du niveau 3: montrer “in situ”, “en live”, comment on a intégré la gestion mentale et le dialogue pédagogique dans ses pratiques.

Ce temps d’observation est préparé en amont, pendant une heure de fourche de l’enseignant. Cette rencontre permet d’affiner la mise en projet concernant le dialogue pédagogique: sur quelle tâche va-t-il porter? comment analyser cette tâche avec le filtre de la gestion mentale? quels objectifs fixer au dialogue? comment exploiter les informations récoltées sur les stratégies cognitives des élèves? etc.

Quelques jours, voire quelques semaines plus tard, la classe ouverte a lieu. Il s’agit d’un moment souvent très riche, car il permet à l’enseignant de montrer tout ce qu’il fait déjà en phase avec la pédagogie des gestes mentaux. La bienveillance est de rigueur, l’observation se fait sur base de critères et d’indicateurs précis, et le débriefing qui suit l’heure de cours donne chaque fois l’occasion au prof de faire un bond qualitatif dans sa pratique et sa posture professionnelles.

La formatrice prend alors le temps de rédiger un compte-rendu de ses observations en mettant en évidence tout le travail de préparation, ce qui était en phase avec la gestion mentale pendant le cours, ce qui pourrait être amélioré, et ce qui a été échangé pendant le débriefing. Ce document est une trace écrite de toute l’histoire de la classe ouverte de l’enseignant. Ce dernier en prend connaissance au maximum dans les 10 jours qui suivent la classe ouverte, parfois plus tôt s’il le demande.

C’est un fameux investissement, de la part de l’enseignant et de la formatrice, mais également des directions, aussi serait-il pertinent de continuer à se demander comment continuer à pérenniser ce travail de transfert de la gestion mentale vers les classes. Les idées ne manquent pas, les moyens suivront-ils le même chemin? A suivre!

Votre vision des suivis

Les rencontres de suivi sur le terrain à la mi-formation sont terminées. Elles ont été très riches, permettant aux enseignants de faire le point sur plusieurs aspects: comment voient-ils le côté inédit de cette formation continuée, à savoir les suivis? qu’ont-ils découvert sur leurs stratégies d’apprentissage qui influencent leurs façons d’enseigner? par quoi ont-ils été surpris, en positif ou en négatif, par la gestion mentale? qu’ont-ils déjà mis en pratique? avec quels résultats, impacts, sur les élèves ou sur eux-mêmes?

Ce qui apparaît comme une réalité vécue par l’ensemble des participants à la formation, c’est qu’elle entraîne un changement de posture professionnelle, parfois léger, parfois énorme, et l’accompagnement sur le terrain va favoriser l’installation sur la durée de ce qui est mis en pratique par les enseignants.

Word Art

 

 

 

Le nuage de mots ci-contre reprend ce que les profs ont dit du suivi, sous forme métaphorique.

 

 

 

 

 

Voici par ailleurs quelques extraits de paroles partagées pendant ces moments-là:

“Cela permet de revoir sa pratique, d’analyser nos habitudes d’enseignement et d’en changer/améliorer certaines (notamment les moments de pause évocative).”

 

“J’avais l’impression que c’était impossible de faire de la gestion mentale avec une classe entière et suis surprise de me rendre compte que non seulement, c’est possible, mais qu’en plus, j’y arrive !”

 

“J’ai apprécié l’introspection pour savoir comment on fonctionne, et pris conscience qu’en classe, c’est pareil que dans le groupe de formation.”

 

” Comme la formation est donnée en cohérence avec la gestion mentale, j’ai bien eu le temps d’intégrer les notions pendant les deux journées.”

 

Les rencontres de suivi commencent en ce mois de novembre

Dans le cadre du projet “Gestion mentale dans la zone 10”, comme les années précédentes, les suivis sur le terrain vont commencer cette semaine.

Les participants aux niveaux 1 et 2 de gestion mentale ont eu deux journées de formation en septembre et octobre et ont été invités à se mettre en projet d’utiliser ce qu’ils ont déjà découvert dans leurs pratiques de classe.

Cela va de la pause évocative de rappel à la dissociation des perceptions en passant par la réflexion sur la manière de rédiger une consigne, censée aider les élèves à anticiper la tâche à réaliser dans toutes ses dimensions (buts – moyens – messages +).

Ces suivis se feront dans les écoles, sous la forme d’une rencontre de 2 périodes de cours, pendant lesquelles nous échangerons sur leurs essais pratiques, leurs questions, ce qui bloque éventuellement, …

Ci-dessous, un exemple de quelques témoignages de professeurs des années précédentes.

Dias témoignages sur les suivis

Les formations sont terminées, les suivis sur le terrain se poursuivent

Les 3 niveaux de formations sont terminés pour les 7 groupes d’enseignants engagés cette année. Il reste une formation en cours, celle de l’approfondissement de la pratique du dialogue pédagogique (fin en avril).

Les suivis continuent, avec l’objectif d’accompagner et d’encourager les professeurs à transférer l’utilisation de la gestion mentale dans leurs classes.

Aperçu du programme:

  • 20 février: suivi inter-écoles pour les 55 enseignants du niveau 1
  • 13 mars: suivi inter-écoles pour les 37 enseignants du niveau 2
  • 20 mars: suivi inter-écoles pour les 17 enseignants du niveau 3

Par ailleurs, les classes ouvertes commencent à se préparer: d’ici le congé de carnaval, 7 professeurs auront eu l’occasion de se mettre en projet et de planifier le moment où leur pratique sera observée dans une classe de leur choix.

Et pour les participants au niveau 2, s’ouvre la possibilité d’un suivi “à la carte”:

  • soit une rencontre en individuel ou en petit groupe pour réfléchir ensemble à un outil imaginé par le (ou les) enseignant(s) demandeur(s);
  • soit une observation bienveillante en classe de la façon d’utiliser la gestion mentale sur le terrain.

C’est un projet qui démontre que l’école bouge grâce à ses acteurs essentiels: les profs! Bravo à eux!

Des profs canadiens se filment pour progresser

C’est à Laval (Québec) que cela se passe: des enseignants participent une fois par mois à des “cercles pédagogiques” pendant lesquels ils visionnent des extraits de capsules vidéo filmées en classe afin de discuter entre eux et d’échanger des rétroactions (feedback) efficaces et positives. Ça permet à ces enseignants de développer une autorégulation de leur posture professionnelle puisque cet exercice de prise de recul et de partage d’idées de pistes pratiques s’inscrit dans la durée.

Dans le projet de formation en gestion mentale et de suivi sur le terrain, nous sommes convaincus de la force de cette démarche que nous avons appelée “vidéoformation”. Nous proposons aux professeurs de niveau 3 la possibilité d’être filmés pendant leur classe ouverte et de débriefer ensuite en s’appuyant sur certaines séquences de la capsule. Ceux qui ont relevé le défi sont unanimes: cela permet de faire un bon qualitatif important dans leurs pratiques pédagogiques (ici éclairées par la pédagogie des gestes mentaux d’Antoine de La Garanderie).

Si vous voulez en savoir plus sur l’expérience des “cercles pédagogiques” de Laval, vous pouvez aller écouter l’émission de Radio Canada (Ici première, séquence 15-18, reportage de Dominic Brassard) du 8 janvier 2019 (durée: 7min). Avec toutes les couleurs de l’accent québécois!

Et ci-dessous, un extrait écrit qui présente l’idée (issu de la même page web que celle de l’émission):

On est seuls dans nos classes, souligne l’enseignante Mélissa Ouellet-Gendron. Généralement, une fois qu’on a fini nos stages, il n’y a personne pour nous dire : “Hey, tu sais quoi? Tu as fait ça, c’est bien, mais ce serait bien d’essayer autre chose.” 

 

C’est pourquoi elle a décidé de participer aux cercles pédagogiques organisés une fois par mois par les conseillers pédagogiques de la Commission scolaire de Laval. Cette initiative a été chaudement accueillie par plusieurs enseignants, assure-t-elle : Les cours se donnent les uns après les autres, donc on n’a pas le temps de se réajuster. Les habitudes s’installent très rapidement et si on n’a pas ce recul-là, on n’a pas le temps de voir ce qui accroche.

 

Les cercles pédagogiques sont également bénéfiques pour les élèves, dans le contexte actuel où un plus grand nombre d’entre eux ont des besoins spécifiques, note le professeur de psychopédagogie Robert David, qui supervise les discussions à la Commission scolaire de Laval. Ça permet aussi de développer des pratiques qui permettent à plus d’élèves d’apprendre, dit-il.

Merci à Florence Lebras (@flebras56) pour le partage de la ressource sur Twitter!

Un “sketchnote” avec des pistes pratiques pour la classe

Les rencontres de suivi suite aux deux premiers jours de formation de niveau 1 ont battu leur plein pendant le mois de novembre. L’occasion pour la cinquantaine d’enseignants concernés de partager les pratiques qu’ils ont développées dans leurs classes en s’appuyant sur la gestion mentale.

Ci-dessous, le “sketchnote” réalisé pour présenter de manière globale et synthétique ce qui a été échangé dans les différentes équipes de la vingtaine d’écoles concernées.

Pistes pratiques suivis N1 nov18 redimensionné

 

Nuage de mots pour qualifier le suivi sur le terrain

Si vous consultez ce blog depuis quelques temps, vous savez que ce qui fait l’originalité du projet “Gestion mentale” dans le grand Charleroi, ce sont les suivis post-formation des enseignants sur le terrain. Il s’agit de les accompagner dans le transfert de ce qu’ils apprennent en formation vers leurs classes et leurs élèves.

La métaphore est un bel outil pour récolter la manière dont les professeurs voient le suivi, encore inédit dans les formations continuées qui leur sont proposées chaque année. Voici donc ci-dessous un nuage de mots qui complètent la phrase: “Pour moi, ce suivi, c’est …”.

Cela va du classique “piqûre de rappel” au plus inattendu “jeu de scrabble” avec des mots qu’on articule les uns aux autres et qui complètent le plateau de façon progressive, en passant par le rafraîchissant “coktail” qui rassemble et pendant lequel on partage. A vous de découvrir la richesse des images données par les enseignants à l’occasion de leur tout premier suivi.

nuage mots métaphores suivi1 nov18

Corriger une évaluation, c’est formateur si l’élève est actif

C’est une évidence, et pourtant, combien d’élèves sont totalement inattentifs pendant la correction car ils viennent de recevoir leurs résultats qui sont mauvais? Ou combien d’apprenants ne saisissent pas le sens de l’exercice, porteur de progrès?

Voici quelques exemples d’organisation que certains d’entre vous ont partagé pendant les rencontres de suivi. Ils illustrent ce temps pédagogique important dans l’apprentissage et peuvent donner des idées.

Corrections entre pairs

Plutôt que de faire écrire leur nom sur les copies, donner des numéros aux élèves. Après un contrôle, redistribuer immédiatement les interros avec le projet que chaque élève corrige une copie d’un camarade dont il ignore le nom puisque c’est juste un numéro sur la feuille. Cela permet de faire une correction immédiate et de motiver les apprenants à faire le point sur leurs réponses et à être attentif pour corriger correctement le contrôle qui leur a été confié.

Correction plus active

Pour rendre plus efficace la correction de l’examen (dont les résultats sont mauvais), en mettant en place une autre façon de procéder, plus active pour les élèves :

Idée générale : les élèves prennent leurs cours et manuel, leur feuille d’objectifs. Ils vont devoir chercher les réponses aux questions d’examens dans leurs documents (et ainsi vérifier que c’est en lien avec les objectifs et le cours), ensuite comparer avec leurs réponses d’examen et tenter d’identifier ce qui était performant dans leurs stratégies, ou ce qui ne l’était pas.

Par étapes :

  • L’enseignant explique la démarche aux élèves qui peuvent se mettre en projet ;
  • Chacun prend ses documents de cours ;
  • L’enseignant écrit les questions au tableau, une par une ; si une question est associée à un texte, l’enseignant le lit en ménageant des pauses évocatives ;
  • Les élèves répondent aux questions en s’aidant de leurs documents ;
  • Ils sont invités à réfléchir sur ce qui a bien fonctionné et ce qui n’a pas marché dans leur façon d’étudier et de préparer l’examen ;
  • Ils reçoivent leur examen et peuvent compléter leur analyse de stratégie.

Correction immédiate

Poser une question aux élèves pour vérifier leur attention, leur mémorisation, leur compréhension, … et leur demander de noter leur réponse de manière lisible sur une ardoise de type Velleda. Une fois que tous ont répondu, ils montrent leur réponse à l’enseignant, qui de façon très rapide peut vérifier et donner un feedback immédiat en fonction de ce qu’il observe comme difficultés, comme manquements, ou comme efficacité.

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