Enseignement explicite

Dans deux écoles de la zone, un autre projet pédagogique a commencé pour des enseignants volontaires: utiliser l’enseignement explicite, qualifié d’enseignement efficace par ceux qui l’ont conceptualisé et testé à large échelle. Car oui, cet enseignement est “evidence-based”, c’est-à-dire qu’il se base sur des recherches menées par des spécialistes en éducation, qui montrent que les élèves apprennent plus et plus vite.couverture enseignement expliciteSi vous lisez l’ouvrage de J. Hollingsworth et S. Ybarra, “L’enseignement explicite, une pratique efficace” (Editions Chenelière Education), vous pourrez vous faire une idée précise des principes de conception et des stratégies de présentation de ce type d’enseignement. Le livre est plein d’exemples qui donnent une perspective concrète de ce que cela implique pour l’enseignant en terme de préparation et de didactique. Car oui, il s’agit d’un enseignement direct, centré sur l’enseignant qui le donne, à l’inverse de l’enseignement progressif, dans lequel la présence du professeur est plus discrète et les choix des élèves concernant les contenus d’apprentissage plus pris en compte (comme dans la pédagogie Freinet, par exemple).

L’outil l’invite à procéder selon des étapes précises et incontournables, comme (non exhaustif):

  • définir avec précision l’objectif d’apprentissage de la leçon – la gestion mentale ira plus loin en invitant les apprenants à définir également les moyens à mobiliser (fussent-ils très incomplets au début de la séquence) et le degré de confiance en eux (qui peut se trouver renforcé par la manière dont le cours est donné) = mise en projet;
  • utiliser une méthode déductive ou enseigner d’abord, pour présenter un nouveau concept, son importance, et l’habileté qu’il permet de mettre en pratique – les exercices viennent seulement après, et sont guidés d’abord, avant que les élèves ne les fassent en autonomie, uniquement quand l’enseignant les estime prêt pour cela  – la gestion mentale ira plus loin en diversifiant les portes d’entrée pour un nouveau concept (avec, par exemple,  l’appui sur la méthode inductive, d’ailleurs totalement promue dans les programmes des cours)
  • vérifier continuellement la compréhension des apprenants, selon différentes techniques (les ardoises, par exemple) – la gestion mentale promeut cette vérification, l’enseignement explicite cadre cela par la méthode EQPCER: ENSEIGNER d’abord, QUESTIONNER, faire une PAUSE (=temps d’évocation), CHOISIR un élève au hasard (technique des bâtonnets par exemple – permet d’éviter les “bolides”), ECOUTER sa réponse, donner une RETROACTION appropriée (répéter, expliquer, préciser), et après la rétroaction, recommencer la vérification de la compréhension.
  • expliciter aux élèves son processus mental, ou “mettre un haut parleur sur sa pensée” (=expliciter les incontournables de la tâche), et vérifier qu’ils ont bien compris – la gestion mentale ira plus loin en proposant aux élèves de dire également comment ils ont procédé mentalement (=dialogue pédagogique)

L’enseignement explicite peut s’analyser avec le filtre de la gestion mentale (il y aurait beaucoup à dire!), qui de son côté peut s’enrichir de techniques concrètes et structurées pour préparer une leçon de manière à ce que chaque élève ait une chance d’apprendre et de progresser. Car oui, c’est un point commun entre les deux approches pédagogiques: l’objectif est de redonner confiance en chacun, en lui faisant vivre l’expérience de la réussite. “Je suis capable!”

 

Meilleurs vœux pour 2020

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L’année scolaire est en cours, avec un premier trimestre bien rempli qui se clôture par un congé pendant lequel nous allons changer d’année civile. Nous vous souhaitons d’excellentes fêtes ainsi que des moments rien qu’à vous, pour recharger vos batteries et prendre soin de vous.

2020 commencera par les corrections des examens, pour que nos élèves puissent apprendre de leurs erreurs et progresser. Pour organiser des temps de corrections productifs pour les apprenants, vous pouvez lire ou relire l’excellent ouvrage de Jean-Michel Zakhartchouk, “Enseigner avec les erreurs des élèves”, déjà évoqué ici.

Source bannière: pixabay.com

 

 

 

 

 

 

Votre vision des suivis

Les rencontres de suivi sur le terrain à la mi-formation sont terminées. Elles ont été très riches, permettant aux enseignants de faire le point sur plusieurs aspects: comment voient-ils le côté inédit de cette formation continuée, à savoir les suivis? qu’ont-ils découvert sur leurs stratégies d’apprentissage qui influencent leurs façons d’enseigner? par quoi ont-ils été surpris, en positif ou en négatif, par la gestion mentale? qu’ont-ils déjà mis en pratique? avec quels résultats, impacts, sur les élèves ou sur eux-mêmes?

Ce qui apparaît comme une réalité vécue par l’ensemble des participants à la formation, c’est qu’elle entraîne un changement de posture professionnelle, parfois léger, parfois énorme, et l’accompagnement sur le terrain va favoriser l’installation sur la durée de ce qui est mis en pratique par les enseignants.

Word Art

 

 

 

Le nuage de mots ci-contre reprend ce que les profs ont dit du suivi, sous forme métaphorique.

 

 

 

 

 

Voici par ailleurs quelques extraits de paroles partagées pendant ces moments-là:

“Cela permet de revoir sa pratique, d’analyser nos habitudes d’enseignement et d’en changer/améliorer certaines (notamment les moments de pause évocative).”

 

“J’avais l’impression que c’était impossible de faire de la gestion mentale avec une classe entière et suis surprise de me rendre compte que non seulement, c’est possible, mais qu’en plus, j’y arrive !”

 

“J’ai apprécié l’introspection pour savoir comment on fonctionne, et pris conscience qu’en classe, c’est pareil que dans le groupe de formation.”

 

” Comme la formation est donnée en cohérence avec la gestion mentale, j’ai bien eu le temps d’intégrer les notions pendant les deux journées.”

 

Des ressources pour varier les perceptions

Deux ressources trouvées via Twitter:

– la première grâce à @Eduvoices (Association (loi 1901) de communautés locales permettant aux acteurs de l’éducation de se retrouver pour s’inspirer et échanger sur des pratiques pédagogiques) – production d’un professeur documentaliste français, Florian Cool.EKW1HWzWoAAkvGA

Il s’agit d’une mine de #ressources médiatiques spécialisées pour les ados : #journaux, émissions #radio #télé, applis, stories et vidéos sur les réseaux sociaux.

C’est à explorer pour proposer aux élèves une variété de perceptions dans nos cours.

 

 

– la deuxième grâce @acaixmarseille, le compte officiel de l’académie d’Aix-Marseille: le panorama réactualisé des outils numériques au service des apprentissages.

Ces outils numériques sont classés: évaluation, gestion de classe, flashcards, mutualisation, pédagogie du jeu, accessibilité des apprentissages, présentation, carte mentale, capsules d’enseignement.

Comme l’écrivent plusieurs enseignants sur Twitter: il s’agit d’une pépite! A découvrir et lire ci-dessous.

Lumni.fr, offre éducative d’audiovisuel public (France)

Lumni, Une nouvelle offre qui permet un accès à la culture,au savoir et à la connaissance Elle propose aux enfants seuls ou accompagnés d’apprendre autrement, prolonger les cours et comprendre le monde qui nous entoure. Et aux professionnels de l’éducation de disposer de ressources expertisées au service de la transmission et de l’apprentissage. Pour les élèves, Retrouvez des contenus (vidéos, audios, jeux, articles) pour compléter vos cours, faire vos devoirs, développer votre culture générale et comprendre le monde qui vous entoure. Pour les enseignants => Enseignants du primaire au lycée, accédez à plus de 3000 ressources indexées par niveaux, et disciplines du programme scolaire pour préparer, illustrer ou prolonger votre cours, et les partager avec vos élèves.” (page d’accueil du site)

Voilà une plateforme à visiter absolument:

  • les ressources sont variées: articles (par exemple sur l’histoire du zéro en mathématiques), capsules vidéo (documentaires – par exemple le premier pas sur la lune, ou petites séquences de cours – par exemple sur la masse volumique), des dossiers thématiques (par exemple les élections américaines), des jeux (par exemple un jeu sur l’Europe et ses 50 capitales);
  • les ressources sont classées: par thèmes et/par branches, par année (PRIMAIRE (= 1ère à la 5ème primaire) – COLLEGE (=6e année primaire +3 premières années du secondaire – LYCEE (= 4, 5 et 6e années du secondaire);
  • il est possible de faire une recherche de pistes pédagogiques avec filtres.

Bref, un incontournable pour varier les perceptions, pour trouver de quoi nourrir la gestion mentale de nos élèves.

Des ressources sur l’attention

L’attention, LE geste mental qui ouvre la porte aux autres. Sans attention, pas de mémorisation possible, ni de compréhension ou de réflexion, encore moins d’imagination. C’est LE geste mental qui fait défaut à beaucoup d’apprenants en situations d’apprentissage.

Si la gestion mentale permet aux enseignants d’expliciter à leurs élèves COMMENT ils peuvent entraîner leur attention, il existe de plus en plus de ressources venant des neurosciences cognitives qui nous donnent l’occasion de comprendre les liens entre fonctionnement du cerveau et attention. L’approche est donc différente (elle est scientifique, et valable pour (presque) tous les individus, là où la gestion mentale, au-delà des incontournables liés au geste d’attention, accueille chaque individu dans ses différences), et plutôt complémentaire de la gestion mentale.

Thot Cursus met en ligne des ressources intéressantes pour cette approche neuro-cognitive de l’attention. Par exemple, “Focaliser son attention, un facteur essentiel de réussite“, basé sur une question posée par Eduscol à deux spécialistes: « Déficit d’attention des élèves, comment agir ? », Véronique GASTE (spécialiste des troubles de l’attention (TDAH)) et Grégoire BORST, psychologue et spécialiste des sciences cognitives, qui ont fait une conférence le 27 mai 2019, disponible en ligne. L’article qui s’y réfère résume la conférence et propose d’autres ressources en bas de page.

Autre exemple: “L’attention, comment ça marche?“, moins récent (2016), qui se base sur une intervention de Jean-Philippe Lachaux, spécialiste du cerveau, qui a écrit plusieurs ouvrages en lien avec l’attention, dont “Le cerveau attentif” ou “Les petites bulles de l’attention”.

“La faute de l’orthographe”

Voici une conférence TEDxTalks (Rennes – mise en ligne le 21 juin 2019) donnée par Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, sur le thème de l’orthographe dans la langue française. C’est drôle et très instructif, cela nous invite à réfléchir autrement à la simplification de cette langue française, notamment en aiguisant un esprit critique vis-à-vis de l’orthographe.

A regarder sans modération pour, entre autres, comprendre l’origine de l’accord du participe passé avec avoir, ou réfléchir à toutes les manières d’écrire le son “s”, ou encore, rire de bon cœur en découvrant l’application “module de reconnaissance vocale en orthographe d’apparat”.

Simplifier l’orthographe permettrait, selon ce duo d’auteurs, de “niveler par le haut” en dégageant du temps pour réfléchir à d’autres choses, découvrir, imaginer, etc.

Ci-dessous, vous pouvez lire le texte de présentation de la capsule vidéo, hébergée sur la chaîne Youtube des conférences TEDxTalks.

“Nous avons été prof de français. Sommés de nous offusquer des fautes d’orthographe, nous avons été pris pour les curés de la langue. Nous avons écrit pour dédramatiser, pour réfléchir ensemble et puis aussi parce qu’on a toujours pensé que l’Académie Française avait un vrai potentiel comique. “Les deux belges qui veulent simplifier la langue française” : tout est faux dans cette phrase. Pas “simplifier” mais bien faire preuve d’esprit critique, se demander si tout se vaut dans notre orthographe. Pas deux belges, mais bien deux curieux qui veulent transmettre le travail des linguistes de toute la francophonie, pas même la “langue française”, seulement son orthographe. Car l’orthographe, c’est pas la langue, c’est juste le code graphique qui permet de la retranscrire. Passion pour les uns, chemin de croix pour les autres, elle est sacrée pour tous. Et pourtant, il ne s’agit peut-être que d’un énorme malentendu. Arnaud Hoedt et Jérôme Piron sont linguistes de formation. Ils ont vécu 25 ans sans se connaître, mais c’était moins bien. Ils ont ensuite enseigné pendant 15 ans dans la même école. Quand Arnaud participe à la rédaction des programmes de français en Belgique, Jérôme se spécialise en médiation culturelle. En 2016, ils écrivent et mettent en scène le spectacle « La Convivialité », au Théâtre National de Bruxelles. Ce spectacle conférence qui traite de la question du rapport dogmatique à l’orthographe tourne depuis 3 ans dans toute la francophonie. Dans la foulée, ils publient l’ouvrage « La faute de l’orthographe », aux éditions Textuel. Ils se définissent comme suit : « Linguistes dilet(t)antes. Pédagogues en (robe de) chambre. Tentent de corriger le participe passé. Écrivent des trucs. Vrais-Faux Comédiens. Bouffeurs d’Académicien ». A la question « est-ce que ça se dit ? « , Arnaud et Jérôme répondent invariablement « oui, tu viens de le faire ».”

Les rencontres de suivi commencent en ce mois de novembre

Dans le cadre du projet “Gestion mentale dans la zone 10”, comme les années précédentes, les suivis sur le terrain vont commencer cette semaine.

Les participants aux niveaux 1 et 2 de gestion mentale ont eu deux journées de formation en septembre et octobre et ont été invités à se mettre en projet d’utiliser ce qu’ils ont déjà découvert dans leurs pratiques de classe.

Cela va de la pause évocative de rappel à la dissociation des perceptions en passant par la réflexion sur la manière de rédiger une consigne, censée aider les élèves à anticiper la tâche à réaliser dans toutes ses dimensions (buts – moyens – messages +).

Ces suivis se feront dans les écoles, sous la forme d’une rencontre de 2 périodes de cours, pendant lesquelles nous échangerons sur leurs essais pratiques, leurs questions, ce qui bloque éventuellement, …

Ci-dessous, un exemple de quelques témoignages de professeurs des années précédentes.

Dias témoignages sur les suivis

Le projet a été présenté au colloque de l’IIGM

téléchargementLe XIIIème colloque de l’Institut International de Gestion Mentale (IIGM) a eu lieu au début du congé d’automne, les 26 et 27 octobre, à Paris.

La Belgique y était représentée (notamment avec plusieurs membres d’IFBelgique), et j’ai eu l’honneur de pouvoir réaliser la présentation du projet de formation en gestion mentale et de suivi des pratiques sur le terrain.

Cela a été bien accueilli, et cet article est l’occasion de vous dire à vous, les 265 enseignants du pays de Charleroi qui êtes concernés par ce projet, que vous avez été applaudis par la communauté de pédagogues présents à ce colloque. Je tenais à vous le partager.

Des outils pédagogiques à découvrir

nouveaulogoIF18Sur le site d’IF Belgique, dans la rubrique “Bon à savoir”, l’association met en évidence une série de ressources créées à l’occasion de sa participation au projet européen Co-nai-sens.

La gestion mentale, ou pédagogie des gestes mentaux, explicite en toutes lettres ce qu’il faut faire dans sa tête pour être attentif, comprendre, mémoriser, imaginer et réfléchir. Tous les enseignants demandent à leurs élèves de pratiquer ces gestes, mais rares sont ceux qui peuvent dire comment faire de manière précise. Ces clips vidéo sont une première amorce très générale, une sensibilisation, une première découverte en forme d’invitation à se former afin d’acquérir des outils vraiment pédagogiques:

– Sur les gestes mentaux ou actes de connaissance
– Sur le projet
– Sur l’activité perceptive et l’activité évocative
– Sur le dialogue pédagogique
– Sur l’introspection

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