Un livre intéressant sur “la pédagogie de l’activité”

Je viens de terminer le livre “Pédagogie de l’activité: pour une classe inversée, Théorie et pratique du travail d’apprendre”, coécrit par Alain Taurisson (professeur de mathématiques) et Claire Herviou (professeur de français), chez ESF Editeur, 2015.

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans cette lecture, c’est le message “fil conducteur” des auteurs sur le fait qu’être acteur de son apprentissage, se lancer dans un travail et le piloter jusqu’au bout, cela s’apprend et donc, cela se forme.

Selon le principe de la classe inversée, je peux proposer à mes élèves de regarder une vidéo à la maison pour découvrir une matière puis, en classe, de répondre à leurs questions et leur demander de réaliser des exercices, des applications. Ce modèle pédagogique ne va pas de soi, il s’accompagne de façon rigoureuse et précise si je veux observer des effets réels sur la façon dont les élèves vont gérer leurs stratégies d’apprentissage en autonomie.

Alain Taurisson connaît bien la gestion mentale et présente avec sa collègue Claire Herviou ce qu’ils ont appelé la “pédagogie de l’activité” qui garantit l’engagement de chaque élève dans toutes les étapes d’un travail scolaire. Le livre regorge d’exemples, d’outils utilisables tels quels ou transférables, le tout fondé sur des références théoriques pertinentes, dont celles de la pédagogie des gestes mentaux d’Antoine de La Garanderie.

Bref, une lecture inspirante en ce début d’année scolaire!

 

 

Quelques références bibliographiques

Il existe des publications spécifiques à certaines matières et dans lesquelles il est question de gestion mentale. En voici une liste, si vous souhaitez compléter vos bibliothèques et trouver de l’inspiration pour transférer la gestion mentale dans vos cours:

Collection Van In “Appprends à apprendre”, décliné pour:

  • les langues (par Marise Vanderwalle et Aubert Verdonck),
  • le français (12-15 ans par Dominique Delatte, Pierre-Paul Delvaux, Caroline Fabry, Janine Gavage et Michèle Naples – 16-20 ans par Nicole Colen et Pierre-Paul Delvaux)
  • les sciences (par Marie-Hélène Holsters),
  • les maths (par Jean-Pol Escoyez).

En français:

  • Marc-Albert MORIAME, Outils d’orthographe, Une méthode simple à l’usage de tous, Les éditions namuroises, 2003.
  • Marc-Albert MORIAME, Outils d’orthographe, Jeux et exercices, Les éditions namuroises,2004.
  • Marc-Albert MORIAME, Outils de conjugaison. Une méthode simple à l’usage de tous. Les éditions namuroises, 2006.

En maths:

  • Armelle Geninet, Faites-les réussir en maths, de l’école à l’entrée au lycée, Chronique Sociale, 2015.

En sciences:

  • Paul BOXUS, Des chemins de la réussite, La gestion mentale en renfort des classes de sciences, De Boeck, 2015.
  • Georges GIDROL, Faites-les réussir en physique-chimie, avec l’appui de la gestion mentale, Chronique Sociale, 2016.

Vous avez également reçu dans vos notes de formation une bibliographie largement inspirée de celle accessible ici via le site d’IFBelgique.

“Mauvais élèves”: un documentaire à voir?

“Mauvais élèves”: un documentaire sur l’école, basé sur des témoignages de “mauvais élèves”… Vous pouvez voir la bande-annonce ici.

En quoi cela peut-il être en lien avec la gestion mentale?

Bien sûr, il faudrait avoir vu le film pour répondre finement à cette question.

Mais de façon spontanée, je vois directement un lien avec le sommet “Messages positif – motivation – confiance en soi” du triangle du projet. Car nos encouragements, nos paroles valorisantes, nos mots bienveillants et positifs pour nos élèves, constituent autant de nourriture pour leur estime d’eux-mêmes… Ce qui semble avoir fait défaut à ces “mauvais élèves”.

Qu’en pensez-vous? Comment être attentifs à ce que nous donnons comme messages à nos apprenants? Que ce soit en classe ou dans les bulletins, essayons de penser à renvoyer du positif à chacun, y compris (surtout?) à ceux qui sont démotivés, en grande difficulté scolaire…

Vivement que ce film sorte chez nous!

UN FILM CONTRE L’ÉCOLE ?

Bien que les témoignages laissent parfois songeurs quant à la façon dont l’école traite des enfants en difficulté scolaire, ce n’est pas un film contre l’école mais plutôt un film pour la faire évoluer et faire remonter aux responsables de cette noble institution, le vécu de ceux qui ont souffert de ses méthodes.
En fouillant la mémoire des mauvais élèves d’hier nous y trouverons peut-être des réponses aux échecs scolaires d’aujourd’hui. C’est un “feed back”, un retour d’expérience de ceux qui n’ont pas pu intégrer le système scolaire tel qu’il est conçu et qui désormais ont assez de recul pour juger leur parcours et les raisons d’un échec.”

 

 

“Pour mémoriser, le plus efficace, c’est de s’amuser!”

C’est le témoignage de Sébastien Martinez, champion de France de mémoire en 2015 (oui, oui, c’est une discipline visiblement récompensée!) et devenu “formateur en mémoire”.

Dans cet article du Monde, il évoque son expérience en tant qu’étudiant qui mémorisait sans s’amuser et donne des conseils pour faire autrement.

Deux extraits choisis:

“Pour bien mémoriser les contenus, il faut créer des associations d’idées, donner du sens et créer du lien. Cela peut être un lien logique, celui qui est le plus encouragé dans le système éducatif. Mais il ne faut pas négliger le lien loufoque, celui qui est favorisé pour les enfants de 8 ans… mais que l’on encourage peu à partir du secondaire. Par exemple, je me souviens de la capitale du Mali, car le nom me fait penser au boxeur Mohammed Ali (M. Ali)… et « Bam ! K.-O. ! », d’où : Bamako !”
En terminologie “gestion mentale”, cela pourrait donner ceci: pour mettre en tête, il est utile de s’appuyer sur les paramètres 3 (les liens) et 4 (les liens inédits et donc potentiellement drôle).

 

“La technique la plus efficace pour réviser est donc celle de la « feuille blanche » : écrire au brouillon ce que l’on a retenu d’une notion ou d’un passage du cours, laisser courir ses idées et les restructurer. Quand cette phase est bien finie, qu’elle ait été courte ou longue, on peut seulement ouvrir son cours et le relire, ce qui permet de corriger, et de focaliser sa lecture uniquement sur ce qui est faux ou oublié. On va ainsi gagner du temps dans ses révisions, et de l’efficacité.”
Cela ressemble de près à la technique du “Ni rouge, ni vert”, n’est-ce pas? Et c’est tout à fait en phase avec la gestion mentale en tant que pédagogie de l’escamotage…
Je vous laisse découvrir le reste de l’article et vous invite à poursuivre la recherche de liens avec la pédagogie des gestes mentaux!

Pour réactiver des connaissances: l’outil “flashcard”

Vous l’avez bien compris: pour qu’une information conceptuelle s’inscrive à moyen puis long terme dans notre mémoire, il est indispensable de la réactiver mentalement plusieurs fois, à un certain rythme (voir les incontournables du geste de mémorisation et la courbe de l’oubli de Ebbinghaus).

Les “flashcards” (question d’un côté, réponse de l’autre) sont un moyen ludique pour réaliser cet entraînement et, cerise sur le gâteau, il existe à l’heure actuelle toute une série d’outils numériques pour les fabriquer.

Citons quelques exemples gratuits (liste non exhaustive!):

  • le logiciel Anki (utilisable sur PC, tablette et smartphone), qui vous permet de préparer des “paquets” de cartes que vous pouvez mettre à disposition de vos élèves pour les aider à réviser, qui personnalise le parcours de l’apprenant (les questions “ratées” sont à nouveau proposées à l’élève de façon automatique);
  • l’application Quizlet, qui permet la création de cartes, regroupées dans des fichiers “classes”;
  • le site Goconqr où il est possible non seulement de produire ces fameuses flashcards mais également de créer une carte mentale qu’il est possible d’animer;
  • et enfin Flippity, sur lequel vous pouvez présenter vos questions/réponses de plusieurs manières (en cartes, en listes, en nuages de mots, …) et qui permet de se baser sur un “Google Sheets” (équivalent d’Excel sur Google Drive) pour encoder les données.

Bon amusement!

Une méthode pour retenir l’orthographe d’un mot

Il s’agit d’une vidéo réalisée par Alain Sotto (auteur du livre “Donner l’envie d’apprendre“).

Il n’y parle pas de la pédagogie des gestes mentaux, mais il y a moyen de faire des liens entre ce qu’il décrit dans la vidéo et des concepts de gestion mentale.

En effet, la méthode efficace présentée fait appel au geste d’attention (avec projets précis), et aux étapes de l’apprentissage telles que présentées dans le fameux schéma “Le chapeau (de ma tête)”: mise en projet d’attention, perception, évocation et restitution.

Il y ajoute l’entrainement (ou la réactivation) pour que cela soit, à terme, stocké dans la mémoire.

 

L’imagination au service de l’orthographe d’usage

La langue française est riche en pièges et mots difficiles à orthographier. Avec ces dessins, ludiques et pédagogiques, plus d’excuses ! Dans son livre ”99 nouveaux dessins pour ne plus faire de fautes”, Sandrine Campese réussit l’exploit de rendre l’orthographe amusante.”

Un exemple

Libellule

9 autres dessins à découvrir ici, via TV5 Monde.

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