Témoignage de Jonathan, professeur d’anglais et de méthode de travail

Jonathan a suivi les 3 niveaux de formation en gestion mentale avec Hélène Delvaux et moi-même. Il nous a dit à plusieurs reprises que cette approche pédagogique avait été une révélation pour lui, autant dans sa profession que dans sa vie personnelle. Il a accepté de répondre à quelques questions et nous a autorisées à publier ici son témoignage dans lequel nous avons choisi des extraits. Nous le remercions vivement pour ce partage!

En somme, si nous comprenons bien, la gestion mentale a servi de déclencheur à un changement par rapport à tes élèves et par rapport à toi-même. Nous aimerions comprendre en quoi elle a été un déclencheur ?

La gestion mentale m’a permis de comprendre mon propre fonctionnement qui, pendant plus de 30 ans, a été une entrave dans mes apprentissages à l’école. Je n’entrais pas dans le carcan scolaire et ne parvenais pas à étudier et travailler à la manière des professeurs qui travaillent généralement uniquement par le biais du visuel et de l’auditif. Lorsque la GM m’a permis de comprendre que je fonctionnais autrement, cela a été une révélation. J’avais besoin de vivre, d’expérimenter ce que j’apprenais mais je ne m’en étais pas réellement rendu compte avant que la GM pose des mots sur mes pratiques. Depuis, j’ai pu adapter ma manière de donner cours en explicitant mes propres manières de faire aux élèves mais aussi en diversifiant les pratiques : visuelles, auditives, kinesthésiques mais aussi en utilisant le ressenti, les émotions à des fins pédagogiques.

Ce dont Jonathan nous parle ici, c’est de la découverte de sa manière de comprendre le monde et lui-même. En gestion mentale, trois lieux d’accueil du sens ont été identifiés par les recherches menées par Antoine de La Garanderie et celles et ceux qui ont poursuivi ses travaux après son décès. Un ouvrage récent documente et illustre ces lieux d’accueil que sont l’espace, le temps et le mouvement (et/ou les ressentis corporels): vous pouvez en découvrir une présentation dans cet article

Comment ton regard a-t-il changé sur tes élèves grâce à la formation en GM? Peux-tu donner l’un ou l’autre exemple concret?

Grâce à la GM j’ai pu me rendre compte de la grande variété des profils de nos apprenants et de leurs spécificités. J’ai tenté, et je tente toujours, de m’adapter chaque jour à leur complexité pour répondre au mieux à leurs besoins individuels. Je ne me contente plus aujourd’hui de travailler de manière « basique » avec les élèves comme le faisaient les enseignants durant mon enfance / adolescence mais je tente au maximum de travailler l’individualité de chaque élève.

Un des postulats de la gestion mentale est l’existence d’une diversité cognitive chez les apprenants. Prendre conscience de ses habitudes mentales, savoir que les autres ne fonctionnent pas comme soi, cela permet de prendre du recul et de modifier son regard sur les forces et difficultés de ses élèves.

En quoi ta manière d’enseigner a-t-elle changé? Peux-tu donner aussi l’un ou l’autre exemple concret?

(…)
Depuis que j’ai pu employer mes connaissances en GM (combinées aux autres formations et outils utiles à la connaissance de soi), je vois souvent jaillir chez certains élèves, comme ce fut le cas pour moi, une étincelle. Certains élèves comprennent leurs difficultés scolaires qu’ils ne pouvaient ou n’osaient pas toujours exprimer. Ils se rendent compte de leur propre complexité et des manquements de l’enseignement envers eux dans leur apprentissage. Ils reprennent confiance en eux et leurs capacités et abandonnent cette idée du « je suis nul », « je ne suis pas intelligent », « les autres savent faire et pas moi » ! et je dois avouer qu’en plus d’apporter quelque chose de bénéfique à l’élève, cela me procure à chaque fois énormément de satisfaction et d’émotion de voir que la GM permet à un jeune de 12/13 ans d’enfin comprendre qui il est et qu’il n’est pas toujours responsable de son échec scolaire.

Dans le futur Tronc commun, les enseignants auront à entraîner officiellement des compétences transversales chez leurs élèves, dont le fait d’apprendre à apprendre, d’apprendre à se connaître pour faire des choix éclairés. La gestion mentale est une démarche réflexive qui donne des clés pour se connaître sur le plan cognitif et d’ajouter à ses habitudes mentales des “plus” pour mieux apprendre.


Qu’est-ce qui, dans la GM, t’a permis de mieux accepter et mieux supporter la difficulté d’exprimer un ressenti par des mots (pas toujours adéquats ou suffisants)?

Ayant été diagnostiqué TDAH avec mon fils au moment où je découvrais la GM, c’est une double révélation qui s’est offerte à moi. Mettre un mot sur une difficulté d’apprentissage est important mais expliquer le trouble en mettant des mots sur mon fonctionnement et en démontrant comment travailler sur soi et ses apprentissages est un énorme soulagement. La GM m’a permis de comprendre que la difficulté de s’exprimer avec des mots n’est pas « une maladie » ou « un signe de bêtise ». Il y a d’autres moyens d’exprimer sa pensée, parfois sans même utiliser les mots (mais souvent exploités en plus des mots pour convenir à tous dans la communication): en montrant, en dessinant, en imitant, en le communiquant à travers des émotions (même si cela est certainement compliqué à gérer par l’interlocuteur qui n’a pas «la capacité» d’exploiter ce dernier outil de transmission). Je me suis rendu compte, grâce à la GM, qu’il est important de s’ouvrir à tous les canaux de communication et que j’avais la grande chance d’avoir une facilité à comprendre les élèves «différents» car mes compétences en communication sont assez développées au vu de mon fonctionnement.
Je remercie donc la GM de m’avoir fait comprendre que je n’étais pas obligé de me contraindre à être ce que le système scolaire avait voulu faire de moi et à fonctionner comme lui. Je suis, et certains de mes élèves sont aussi, différents et, maintenant, assez fiers de l’être…

Jonathan se connaît mieux grâce à la gestion mentale, il a été sensibilisé à la diversité des fonctionnements mentaux et la richesse de cette diversité. Ses élèves bénéficient de ses compétences, de son ouverture aux différences, de son accueil de la diversité cognitive ET de l’unicité de chacun de ses élèves.

Nous sommes prêts à accueillir tout autre témoignage de mise en pratique de la gestion mentale, que ce soit dans les classes ou dans la vie personnelle.

 

10 ans pour les projets Gestion mentale et Education aux choix dans la zone 10!

Vendredi 14 février, nous avons fêté les 10 ans de ces deux projets pédagogiques soutenus par l’ensemble des directions des 33 écoles de la zone 10 d’enseignement Charleroi-Hainaut-Sud. Une septantaine de personnes ont fait le déplacement pour vivre cette journée que nous avons voulue riche et participative.

Dans la perspective du Tronc commun, la zone 10 est visionnaire depuis 2014. Les projets pédagogiques mis en place (Formations et suivis sur le terrain en gestion mentale, Formation à l’Education aux choix, Approche de la motivation selon Daniel Favre, projet de classe pilote en 1ère commune, liens entre la pyramide d’interventions, la CUA (Conception Universelle des Apprentissages) et Gestion mentale et Education aux choix) outillent les enseignants pour insérer dans leurs cours l’entraînement aux compétences transversales, pour développer de l’interdisciplinarité en termes de PROCESSUS, pour nourrir leur motivation d’innovation.

MERCI aux directions de la zone 10 qui continuent d’investir des moyens pour le maintien de ces dispositifs de formation qu’ils ont mis en place il y a 10 ans, déjà.

Merci également à l’IFEC pour la reconnaissance des formations données dans la zone 10 et pour la collaboration à la réussite de journée comme celle-ci.

Merci à toutes les personnes et écoles qui ont contribué à la réussite de cette journée, elles sont nombreuses!

Pour commencer 2025: échos des enseignants en formation

En novembre et décembre 2024 ont eu lieu les premiers suivis d’équipes d’enseignants après 2 journées de formation, que ce soit en niveau 1 ou en niveau 2.

Traditionnellement, en niveau 1, ils sont invités à qualifier ce suivi (qui reste inédit en formation continuée des enseignants). Voici un nuage de mots dans lequel vous pouvez lire ce qu’ils en disent:

Voici également l’un ou l’autre témoignage de mise en pratique de la gestion mentale en classe:

En math :

Les élèves ont du mal à retenir certaines équations. L’enseignant.e programme des moments de réactivation en leur demandant à certaines heures de cours de citer les formules qui sont alors notées et laissées au tableau dans un premier temps. Cela facilite les allers-retours pendant la pratique des exercices qui y font appel. Les élèves savent que la 2e étape devra se faire sans accès aux formules via le tableau (mais ils pourront encore aller les chercher dans leur cours au besoin). Le but final sera de faire des exercices en comptant uniquement sur ce qui a été stocké dans la tête.

En termes de gestion mentale: pour stocker des informations dans la mémoire à long terme, il est nécessaire de les réactiver plusieurs fois dans sa tête, et de comparer son souvenir avec l’information à mémoriser pour la compléter et/ou la corriger éventuellement. En donnant à ses élèves l’occasion de réactiver en classe, l’enseignant.e les outille par rapport à un des incontournables de la mémorisation. Un autre incontournable de ce geste mental est l’imaginaire d’avenir: où, quand et comment aurais-je besoin de ces formules?  C’est également nourri par l’entraînement progressif des élèves à faire les exercices (d’abord avec les formules sous les yeux, ensuite avec la possibilité d’aller les rechercher dans le cours au besoin, enfin, uniquement en les ayant de stock en tête).

En français :

Mettre un haut-parleur sur sa pensée pour expliquer aux élèves comment procéder pour réaliser un exercice, sachant qu’ensuite, l’enseignant.e guidera leur pratique en les accompagnant pour un premier entrainement, et ce jusqu’au moment où il/elle les pense capable de travailler en autonomie. Cette pratique s’inspire de l’enseignement explicite et pourrait déboucher sur un partage des incontournables de la tâche en termes de gestion mentale (qui vise également l’explicitation ou la mise en mots des itinéraires mentaux).

En termes de gestion mentale: mettre des mots sur ce qu’on fait dans sa tête pour réaliser un exercice rend la procédure de réflexion explicite et enseignable. L’enseignant peut commencer par expliciter son itinéraire mental en insistant sur les incontournables, puis questionner l’un ou l’autre élève sur la façon dont il a résolu l’exercice. Cela permet de mettre en évidence la diversité et la richesse des fonctionnements cognitifs, tout en pointant que pour tout geste mental, il y a des passages obligés.

En français :

Pour montrer comment ils ont compris les 5 caractéristiques du romantisme (après avoir reçu l’enseignement par l’enseignant.e), les élèves ont travaillé en sous-groupes et ont eu le choix entre 4 médias : réaliser un dessin sur une feuille A3, faire un collage sur une feuille A3, créer une saynète, réaliser une vidéo. Les élèves tiraient au sort une des 5 caractéristiques et devaient la représenter au travers d’un des médias, au choix. Ils se sont montrés très motivés pour réaliser cet exercice et leurs productions étaient riches et créatives.

S’appuyant sur ce premier succès, l’enseignant.e a proposé le même exercice en 5e sur les 6 thèmes abordés dans le cours sur le siècle des lumières, matière complexe pour les élèves.

Aucun de ces exercices n’a été évalué par des points.

En anglais :

L’enseignant.e utilise la technique du Storytelling pour présenter les temps de conjugaison : ainsi, Miss « Present Simple » arrive en classe (l’enseignant.e se déguise) et raconte son histoire dans laquelle il/elle insère les caractéristiques du temps,  il/elle a notamment un chat qui s’appelle « Do ». Les élèves sont ensuite divisés en 4 ateliers :

    • l’atelier « Expliquer la théorie » dans lequel les jeunes doivent s’entraîner à expliquer la théorie du « Present Simple » en faisant des liens avec l’histoire de Miss PS ;
    • l’atelier « Exercices » dans lequel les élèves appliquent les règles du « Present Simple » ;
    • l’atelier « Photomontage » dans lequel les apprenants doivent, en 4 images, illustrer les routines du « Present Simple » ;
    • l’atelier « Dessiner Miss PS » avec son chat.

L’enseignant.e se met aussi en scène pour les autres temps conjugués, les groupes d’élèves changent alors de type d’atelier.

Toutes les productions sont affichées en classe, ce qui permet les allers-retours pour les élèves qui en ont besoin.

En termes de gestion mentale: proposer une perception inédite d’un point de matière (romantisme) ou de grammaire (conjugaison en anglais) peut aider les apprenants à entrer dans la compréhension,  y compris sur le plan de la motivation (qui est un des 3 piliers de la mise en projet). Prolonger cette perception en proposant aux élèves 4 ateliers ou médias différents (ou 4 portes d’entrée différentes dans la compréhension) peut nourrir leurs mise en projet et travail mental.

Les suivis à mi-formation pour faire le point et s’enrichir

Depuis le 10 novembre, les rencontres de suivi ont commencé et se termineront le 6 décembre. Cela concerne cette année 54 enseignants provenant de 21 écoles de la zone 10 d’enseignement (Charleroi-Hainaut-Sud) et 32 enseignants de 14 écoles de la même zone 10, avec un professeur invité qui travaille au Collège Mattéo Ricci de Bruxelles (qui a accueilli en 22-23 une série d’enseignants de la zone pour partager leur culture de l’évaluation scolaire).

Si j’utilise les 5 questions de la compréhension de Guy Sonnois pour décrire ces rencontres afin que vous, lecteur·trice, puissiez comprendre de quoi il s’agit, cela pourrait donner cette présentation interactive réalisée avec l’application Genial.ly (pour visionner les parties interactives de l’image, vous pouvez cliquer sur l’icone représentant une main en haut à droite; chaque petite main qui s’affichera alors sur l’image est à cliquer pour ouvrir une fenêtre qui contient des explications): 

Vous pouvez également consulter la page de ce blog qui décrit le projet (notamment pour en découvrir tous les acteurs), accessible ici.

Et il y a déjà eu des articles pour vous parler de ces suivis d’accompagnement: ici et pour novembre 2022, ici et pour les suivis en période de covid, encore ici et pour 2019. Si vous souhaitez remonter plus loin dans l’historique, vous pouvez utiliser la fonction “recherche”, et y introduire un mot-clé (“suivis”, en l’occurrence).

Echos du 24 mars avec Daniel Favre

 

Une cinquantaine d’enseignants ont convergé vers Charleroi ce 24 mars pour rencontrer l’auteur du livre “Cessons de démotiver les élèves – 20 clés pour favoriser l’apprentissage”. En amont de cette journée, nous avions préparé avec ces enseignants une série de questions à lui poser et des témoignages de pratiques à partager pour recevoir son feedback et profiter de ses idées pour les enrichir.

Avant de présenter quelques notes prises lors de cet événement, voici deux images pour montrer, d’une part, les spécificités de l’approche de Daniel Favre et celles de la gestion mentale, et d’autre part, les points communs que nous avons souhaité mettre en avant. Il est évident que ce n’est pas exhaustif, ni détaillé. Cela vous donne juste un aperçu et peut-être l’envie d’aller plus loin!

Changer de point de vue sur le concept de motivation

Comment motiver les élèves semblerait être une préoccupation de type behavioriste : comment les amener à faire ce que je voudrais qu’ils fassent avec le système de la carotte et/ou du bâton ?

Les recherches de Daniel Favre nous invitent à changer de point de vue : la motivation est multiple et peut se décrire en 3 systèmes qui habitent tous les êtres humains. C’est lié au fait que, dans notre cerveau, deux types de circuits neuronaux de renforcement (positif et négatif) nous influencent, notamment dans les apprentissages. Il faut distinguer circuits de renforcement positif de la notion de récompense, et circuits de renforcement négatifs de punition, ce n’est pas pareil.

Ces deux types de circuits engendrent 3 systèmes de motivation dans le modèle proposé par Daniel Favre :

  • La motivation de sécurisation (ou SM1) nous pousse à rester dans notre zone de confort, dans nos habitudes, dans ce que nous savons déjà bien faire. Ce qui nous sécurise vient de l’extérieur (par exemple, de bonnes notes, des encouragements du professeur, la reconnaissance des pairs, …).
  • La motivation d’innovation (ou SM2) nous pousse à innover, à apprendre du neuf, à explorer avec le risque de faire des erreurs (qui nous donneront des informations utiles pour progresser); cette motivation engendre de l’anxiété d’abord, et du plaisir ensuite (quand nous avons réussi ou progressé). Ici, la référence n’est plus externe comme dans le SM1, mais interne : notre cerveau nous permet de ressentir le plaisir d’avoir appris par nous-même. Le SM2 s’activera si le SM1 est en toile de fond : l’élève qui se sent sécurisé est prêt pour innover. Cela explique aussi que même dans des périodes intenses de créativité (SM2+++), à un moment, le SM1 se rappelle à nous, par exemple si nous avons faim, soif, si nous sommes fatigués.
  • La motivation d’addiction (ou SM1p – p pour parasité) nous offre une sécurité factice et dans laquelle nous pouvons être enfermés. Le terme addiction est à prendre dans un sens très large : cela va du chocolat aux certitudes, en passant par les bonnes notes ou la violence. Le risque est bien de rester bloqué dans ce SM1p qui nous offre une sécurité, certes, mais factice, comme écrit plus haut. Par ailleurs, le cerveau est un serviteur fidèle : si un jeune pense qu’il n’y arrivera pas, cela risque fort de se passer ainsi. Et notre société nous pousse à l’ « économie de la flemme » : tout est facilité pour que nous consommions de façon compulsive. Cela s’oppose au fonctionnement de l’école qui éduque de futurs citoyens responsables dotés d’un esprit critique. Pour aider les jeunes à sortir du SM1P, nous pouvons les « écœurer » en termes de SM1 pour qu’ils finissent par demander du SM2 (exemple : leur donner uniquement des exercices faciles à réaliser, jusqu’au moment où ils en ont assez car cela va finir par les ennuyer – nous devons devenir des adultes « incalculables », « imprévisibles », comme cette maman qui, au lieu de se fâcher sur son fils qui joue couché dans son lit alors que sa chambre est en désordre, vient simplement lui faire un bisou sur la joue, puis s’en va. Le jeune, surpris, active alors son SM2 et … range sa chambre ; attention : cela ne marche pas à tous les coups !).

Chacun d’entre nous est habité par ces 3 systèmes de motivation : notre cerveau peut en effet fonctionner en SM1, SM2 ou SM1p, mais pas en même temps. Nous sommes motivés en permanence, mais dans quel système ?

Ce qui est important, c’est de prendre conscience de ce qui nous motive et de l’analyser avec ce modèle pour rester un sujet à part entière, qui met des mots sur ce qu’il ressent, sans jugement, en sachant qu’il est libre de choisir de passer d’un système à l’autre. C’est aussi savoir que parfois nous sommes sujet, parfois, nous sommes objet. Cette éducation de la conscience nous rend libre de dire oui ou non au mouvement de la vie. Ce modèle nous permet d’avoir une meilleure prise sur le réel.

Des questions pour réfléchir à nos pratiques pédagogiques ?

Comment considérons-nous les élèves ? Comme des objets que nous contrôlons en les mettant en référence externe uniquement (carotte et/ou bâton), ce qui en fait des « adaptés »? Comme des sujets ? Acceptons-nous qu’ils nous disent non, par exemple ? 

Quel langage utilisons-nous en classe ? Des mots qui dogmatisent ou une pensée ouverte ? Comment éduquons-nous les jeunes à l’incertitude ? -> équilibre à trouver entre les 2 types de langage

Quelle place laissons-nous aux émotions ? Les leurs, les nôtres ? -> émotions et cognition sont étroitement liées. « L’eau, c’est comme les émotions, il n’y a pas de problème tant qu’elle peut s’écouler. » (Daniel Favre, 24 mars 2023)

Nos cours répondent-ils à une absence de questions de leur part, ou partons-nous de leurs interrogations pour guider les apprentissages ? -> résoudre une énigme en ayant la possibilité de chercher, de tâtonner, de se tromper, puis de trouver, cela nourrit la motivation d’innovation.

Toutes ces questions nous invitent à la réflexion et nous emmènent vers un nouveau paradigme éducatif qui implique, entre autres, l’abandon de certaines pratiques telles que l’évaluation en continu, l’abandon de l’idée d’être à l’origine de la motivation des élèves, les messages implicites, l’idée qu’il y a de bons et de mauvais élèves, etc.

Et si les enseignants faisaient en sorte que leurs matières soient des solutions pour résoudre des problèmes ou des énigmes ?

Et si les enseignants parlaient en termes de conformité aux attentes, d’écart par rapport à une norme, plutôt que de bons ou de mauvais résultats ?

 

En route pour la dixième année du projet gestion mentale dans la zone 10!

L’heure de la rentrée à sonné ce lundi 28 août, et c’est le moment de marquer dans son agenda les dates de formation et de suivi en gestion mentale pour plus de 160 enseignants provenant de 26 écoles de la zone 10 d’enseignement (Charleroi-Hainaut-Sud)! 

En plus des 3 niveaux classiques de formation, nous proposons cette année scolaire la possibilité de réactiver les concepts et la pratique de la gestion mentale en classe, mais aussi la découverte des clés pour favoriser l’apprentissage de Daniel Favre, ainsi que la poursuite du travail entamé sur ce thème avec les professeurs qui le souhaitent. Nous avons aussi planché sur une formation qui lie le geste mental d’imagination et l’Education au choix, puisque ce sont deux thèmes phares dans lesquels la zone 10 investit depuis maintenant 10 ans.

Et justement, 10 ans, cela se fête! Nous allons fixer une date pour célébrer l’engagement des écoles, représentées par leur direction et leurs enseignants,  dans un travail de réflexion sur les pratiques pédagogiques qui évoluent, notamment suite aux prescrits du Pacte d’Excellence. Nous planchons déjà sur ce que nous allons vous proposer de vivre pendant cette journée!

Pour la 9e année consécutive, les suivis ont commencé, à mi-parcours de formation

Le projet de formation et de suivis en gestion mentale a entamé sa neuvième année d’existence. Tous les enseignants engagés dans un niveau 1 ou dans un niveau 2 ont donc déjà eu deux journées de formation, et sont invités durant ces mois de novembre et décembre, à des moments de suivis ou d’échanges de pratiques. 

Un des objectifs principaux dans l’organisation de ces temps de pause réflexive est d’encourager le transfert de la gestion mentale dans les pratiques pédagogiques mises en œuvre en classe. Il s’agit de réfléchir à sa façon d’enseigner avec le filtre de la gestion mentale et de mettre ses idées en commun avec celles de collègues de son école et d’écoles voisines. Comme c’est en petit groupe, chacun a l’occasion de s’exprimer: que représente ce suivi? qu’est-ce qui a été étonnant dans ces 2 premiers jours de formation (en positif ou négatif)? qu’est-ce qui est rentré dans mes pratiques? de quoi ai-je pris conscience en analysant mes pratiques habituelles avec la gestion mentale? etc.

Depuis novembre 2020, ces rencontres d’une durée de 100 minutes (2 périodes de cours) sont organisées en visioconférences. Cela ajoute de la souplesse à la planification des suivis (un enseignant absent lors de son suivi peut très facilement s’ajouter à un autre groupe), n’enlève pas trop le côté reboostant de ce temps de partages (temps qui permet de se situer, d’ajuster au besoin, et de repartir avec des pistes en plus), mais implique un type d’investissement différent de la part des participants dans un vécu virtuel, parfois ressenti comme plus froid, plus artificiel.

Cet article me donne donc l’occasion de remercier chaleureusement chacun.e des enseignant.e qui accepte de jouer le jeu de la rencontre en distanciel, avec bienveillance, générosité et application, sans oublier la bonne humeur, souvent présente et ce, malgré le quotidien bien rempli, surtout en cette période de l’année scolaire.

 

Témoignage d’une enseignante: sa pratique quotidienne du dialogue pédagogique en classe

Sur le site d’If Belgique, vous pouvez aller lire le témoignage de Donatienne Colyn, enseignante de français dans une école de Herve, qui nous explique comment elle s’appuie sur le dialogue pédagogique pour accompagner ses élèves du premier degré du secondaire. Elle explique qu’il s’agit d’élèves en difficulté, cabossés par un parcours scolaire chaotique. L’objectif final est de les amener à réussir leur CE1D, et il est sous-tendu par d’autres finalités, très motivantes pour l’équipe éducative: redonner confiance en eux à ces apprenants, “les réconcilier avec l’école et leur capacité à apprendre, à progresser (quel que soit le domaine)”. 

Donatienne a découvert la gestion mentale il y a une quinzaine d’années, quand elle commençait à enseigner. Elle s’est formée de manière approfondie puisqu’elle est praticienne et bientôt formatrice. Au fil des années, elle a perfectionné sa mise en pratique de cette démarche pédagogique dans ses classes, et l’article (extrait de la Feuille d’If n°40, publication bisannuelle de l’asbl) présente un magnifique exemple de l’utilisation du dialogue pédagogique au service des finalités précitées, et qui concernent les élèves. 

A lire absolument!

Et la bonne nouvelle, c’est que si ce témoignage vous inspire, il y en a 39 autres dans cette publication, intégralement disponible sur le site, en cliquant sur ce lien.

 

Les classes ouvertes ont repris!

Après deux années compliquées liées aux restrictions sanitaires, les classes ouvertes ont pu reprendre normalement. Pour rappel, il s’agit, pour les enseignants qui clôturent 3 années de formation et de suivis sur le terrain en gestion mentale, d’ouvrir leur classe pendant une période de cours, afin d’être observés dans leur mise en pratique de ce qu’ils ont découvert en formation, et notamment sur le plan du dialogue pédagogique de groupe. 

Chaque professeur qui le souhaite peut bénéficier de ce dispositif de suivi qui se déroule en 4 étapes:

  • D’abord, un temps de préparation avec la formatrice, ceci pour discuter du thème de la leçon et des tâches qui seront proposées aux élèves, de façon à les analyser en termes de gestion mentale;
  • Ensuite, la classe ouverte proprement dite: la formatrice assiste au cours, discrètement, et observe l’enseignant avec le support d’une grille de critères (pertinence, posture, cohérence et correction) déclinés chacun en indicateurs .
  • S’ensuit le débriefing “à chaud” de la classe ouverte: le professeur a l’occasion d’exprimer son ressenti, ce qui le satisfait, ce qui a manqué selon lui. La formatrice pointe alors ce qui a été en phase avec les critères et indicateurs, et ce qui pourrait être activé comme levier une prochaine fois.
  • Après cet échange “en live”, la formatrice rédige un compte-rendu écrit à l’intention de l’enseignant, de manière à l’accompagner une dernière fois dans sa démarche réflexive vis-à-vis de ses pratiques en gestion mentale.

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller relire les articles des années précédentes: 2017, 2018, 2019, 2020

Petite précision: pendant 3 ans, nous avons filmé plus d’une quinzaine de classes ouvertes, puis avons arrêté faute de moyens et de budget. Ce matériel audiovisuel précieux est utilisé exclusivement en formation.

 

 

 

Aider les élèves à se mettre en projet mentalement

Voici le quatrième et dernier article de la série sur les suivis des enseignants après 2 journées de formation.

Il s’agit ici d’accompagner les élèves à se mettre en projet, c’est-à-dire à anticiper une tâche dans toutes ses dimensions: quel est le but de la tâche, quels sont les moyens que je peux mobiliser, comment je me sens par rapport à cette tâche? Ce travail d’anticipation est personnel, et demande à l’élève d’évoquer les réponses à ces questions d’anticipation. Il a donc besoin de temps pour le faire.

Voici une synthèse sous forme de sketchnote de ce qui est ressorti pendant les rencontres de suivi.

1 2 3 7